31 décembre 2017

Top 10 de mes lectures en 2017

1. SI JE DEVAIS NE RETENIR QU'UN SEUL LIVRE
The Handmaid's Tale, McClelland and Stewart (1985), de Margaret Atwood

J'ai d'abord vu la série télévisée, mais comme elle a eu un effet addictif chez moi, j'ai acheté le livre de Margaret Atwood avant de la terminer, afin de ne pas être en «manque». J'ai beaucoup aimé l'écriture de Margaret Atwood, en plus d'admirer la façon dont elle décrit le monde dystopique de «La Servante écarlate». Je compte lire prochainement «The Heart Goes Last», Positron (2015) («C'est le cœur qui lâche en dernier»).


2. LE PAGE-TURNER
La trilogie du siècle, Robert Laffont, de Ken Follett
Premières éditions en anglais: The Century Trilogy: Fall of Giants (2010), Winter of the World (2012), Edge of Eternity (2014)
Trilogie parue en 3 tomes: La chute des géants (2010), L'hiver du monde (2012), Aux portes de l'éternité (2014).

Pour parcourir les grands moments de l'histoire occidentale du 20e siècle, à partir des points de vue de cinq familles au Pays de Galle, en Angleterre, en Russie, en Allemagne et aux États-Unis. Magistral!

3. POUR L'ÉCRITURE POÉTIQUE
Madame Victoria, nouvelles (Alto 2015), de Catherine Leroux

En s’inspirant d’un fait divers, Catherine Leroux imagine les vies possibles d’une femme dont le squelette anonyme a été découvert, en 2001, près de l’Hôpital Royal Victoria. Des vies de solitude, tristes et violentes, réalistes ou fantastiques, mais illuminées par une magnifique écriture riche et poétique.

4. SOUVENIRS D'ENFANCE DOUX-AMERS
«L'arabe du futur», roman graphique, Allary Éditions, de Riad Sattouf
«L'arabe du futur» est composée de 3 tomes (sur 5, deux étant à venir): tome 1 (2014): Une jeunesse au Moyen-Orient (1978-1984), tome 2 (2015): Une jeunesse au Moyen-orient (1984-1985), tome 3 (2016): Une jeunesse au Moyen-Orient (1985-1987).

Le point de vue touchant (et souvent amusant, malgré le contexte) d'un petit garçon (Riad Sattouf) sur sa vie et son éducation en Libye et en Syrie dans les années 70-80.

5. SOUVENIRS D'ENFANCE NOSTALGIQUES
La série «Paul», bandes dessinées, La Pastèque, de Michel Rabagliati
La série «Paul» est composée de 8 titres: Paul à la campagne (1999), Paul a un travail d'été (2002), Paul en appartement (2004), Paul dans le métro (2005), Paul à la Pêche (2006), Paul à Québec (2009), Paul au parc (2011), Paul dans le Nord (2015).

Paul se souvient avec nostalgie et un soupçon d'autodérision de sa jeunesse.

6. POUR LE SUSPENS
Les égarés, Alto (2017), de Lori Lansens
Première édition en anglais en 2015 (The Mountain Story)

Cinq jours, quatre randonneurs, trois survivants... Avec, en plus, de magnifiques descriptions de la montagne.

7. POUR LES PERSONNAGES
La couleur des sentiments, Actes Sud (2010), de Kathryn Stockett
Première édition en anglais en 2009 (The Help)

Dans les années 60, au début du mouvement des droits civiques aux États-Unis, au Mississipi, la vie quotidienne des domestiques noires chargées d'élever les bébés des familles blanches.

8. POUR LE STYLE
Sainte-Famille, Leméac (2017), de Mathieu Blais

Des phrases chocs, le sens des formules imagées.

9. POUR LE SUJET
Au grand soleil cachez vos filles, vlb (2017), de Abla Farhoud

Dans les années 60, le choc culturel du retour au Liban d'une famille libanaise ayant vécu plusieurs années à Montréal.

10. ESSAI
Sapiens, une brève histoire de l'humanité, Albin Michel (2015), de Yuval Noah Harari
Première édition en hébreu en 2011.

Je suis en train de le lire. Yuval Harari est historien et professeur. Il a des talents de conteur et Sapiens se lit comme un roman. L'auteur pose des questions philosophiques sur le développement de l'humanité, c'est très intéressant. 

30 décembre 2017

Le succès des listes de fin d'année

Chaque fin d'année est l'occasion pour les médias de faire des bilans culturels, sociaux et politiques en forme de listes. Pour beaucoup d'entre nous, le début d'une nouvelle année est aussi le moment de faire des listes de bonnes intentions.


Dans le domaine littéraire, le roman de Grégoire Deloncourt, «La liste de mes envies» (Jean-Claude Lattès, 2012) a sans doute entretenu l'intérêt général pour les listes. Traduit dans une trentaine de langues, ce livre a été adapté au cinéma et au théâtre.

Je l'ai inscrit sur ma liste de livres à lire...

Des listes pour se dégager du superflu
Dominique Loreau, auteure de «L'art des listes: simplifier, organiser, enrichir sa vie» (Marabout), parle de l'avantage des listes dans l'article «Essayez les listes», paru sur le site Psychologies.com:

«Les listes font partie de notre vie de tous les jours et nous apportent un support indispensable. Que ce soit pour faire table rase avant de mieux repartir dans la course du quotidien ou pour entreprendre un travail de fond sur le sens de sa vie, j’ai découvert qu’elles constituent l’un des moyens les plus efficaces et les plus accessibles de se libérer intérieurement. Une fois qu’on les a écrites, les activités à accomplir semblent moins pesantes, notre esprit moins surchargé. Il suffit de se constituer un carnet de listes et de rédiger des inventaires.»

Des listes culturelles
L'article de Catherine Lalonde, paru il y a quelques jours dans Le Devoir, pose la question: «Pourquoi aimons-nous tant les listes?», à propos des tops qui se multiplient en fin d'année:

«À cheval entre conseil culturel et consommation, les tops répondent bien à notre vision actuelle de la culture, qui n’échappe pas à sa portée commerciale. Ils nous pistent vers le meilleur, peut-être vers le choc esthétique, en évitant les poches d’air, les ennuis, les navets et tous les «mouais, c’est ordinaire» qui viennent avec la fréquentation régulière d’un art», écrit la journaliste.

Depuis que j'écris régulièrement, j'ai l'habitude de prendre des notes. Quand je lis les journaux, j'ai à portée de main un carnet pour noter les idées de livres, de musiques ou de sorties qui m'intéressent. Je consulte les tops de fin d'année dans les médias. Ils me permettent de récapituler les nouveautés culturelles de l'année et de rattraper des informations que je n'aurais pas vu passer.

Quelques suggestions de tops 2017


Des listes pour le plaisir
Les listes ont un côté pratique, pour ne pas oublier... Au travail (les tâches dans Outlook), pour faire les courses (écrites sur un bout de papier), mais jamais pendant les vacances! Lors de projets importants, j'utilise Excel. Pour le quotidien, ce que je préfère, c'est mon calendrier sous-main en papier sur mon bureau à la maison, en bas duquel il y a une section «À faire». C'est bien suffisant.

Je constitue aussi des listes pour le plaisir, depuis quelque temps. Des listes de mes livres favoris, films, séries ou lieux favoris. Faire une liste fait remonter de bons souvenirs qui étaient enfouis sous des informations moins intéressantes. Cela me fait prendre conscience de la valeur que j'attache à une œuvre et cela développe le plaisir de ce rappel. Un peu comme lorsque je fais le tri dans mes photos préférées pour les mettre dans un cadre ou un album. Ce sont des souvenirs spéciaux qui me font du bien.

Dans ma prochaine chronique, je vous présenterai mon top 10 de lectures de 2017 (une de plus, en cette fin d'année ;-).

26 décembre 2017

Mon cahier de lectures

Depuis 2010, je note dans un cahier les titres des livres que je lis et mes commentaires. Je ne l'avais jamais fait auparavant, car mes lectures sont principalement de la détente et du plaisir. Cela me semblait aussi inutile que de noter ce qu'on mange chaque jour... Mais un jour, une amie m'a montré son cahier de lectures et j'ai trouvé l'idée intéressante. J'ai eu le sentiment que c'était aussi précieux qu'un album photo. Je ne m'en passerais plus.

Moisson de livres au Salon du livre de Montréal
J'ai commencé à écrire des nouvelles en vue d'être publiée fin 2009. Peu après, j'ai ressenti la nécessité d'être plus consciente de mon univers littéraire en compilant mes lectures dans un cahier. En faisant des listes de livres lus et en les commentant, je prends conscience de mes intérêts, je fais plus facilement des liens avec ce que j'écris. Je prends conscience des textes qui m'inspirent, m'influencent, quelles sont mes références.

Je ne cherche pas à battre des records annuels ou mensuels de lecture, je ne fais pas non plus de plans ou de programme de lecture, à part passer à travers ma PAL (pile à livres) et de participer de temps en temps à des clubs de lecture. Je m'aperçois que je lis à peu près au même rythme depuis des années, mais avec des variations importantes si le livre est passionnant ou selon les exigences de la vie extérieure ou de mon écriture.

J'ai toujours plusieurs livres en cours, de fiction principalement, mais aussi des essais (plutôt sciences humaines et littérature) ou des livres pratiques (selon les périodes: tourisme, couture, jardinage, etc.) et des abonnements en papier ou sur Internet. J'ai rarement relu. J'ai commencé à le faire récemment, pour vérifier si ma liste de livres préférés était à jour. Et c'est avec un peu de nostalgie frôlant la tristesse que j'ai dû déclasser certains souvenirs de lecture...

12 décembre 2017

Des lectures pour les jours de tempête de neige

Aujourd'hui, c'est jour de tempête, la première de cet hiver. J'ai déménagé il y a quelques mois et mon nouveau bureau est maintenant face à une fenêtre, dans l'embrasure de la fenêtre, à l'étage. J'ai une belle vue sur trois-quatre érables aux branches dénudées s'agitant dans le vent. La noria rythmée des chasse-neige est une musique rassurante. Nous pourrons sortir de chez nous demain.


Ce n'est pas le cas de Matthias, le personnage principal du livre «Le poids de la neige», de Christian Guay-Poliquin, qui devra attendre un peu longtemps avant de sortir de la maison où il se retrouve coincé (sans Internet).

«Malgré cette matière plutôt contemplative, Christian Guay-Poliquin parvient à nous offrir un récit sombre et hypnotisant. Une histoire attentive à la beauté dramatique et froide du paysage, aux liens sociaux qui se disloquent, au désarroi et à la violence endormie, étouffée par l’hiver mais prête à renaître dès les premiers signes de dégel. Un hymne nordique et l’un des romans les plus forts de cette rentrée». écrivait en 2016 dans le Devoir le critique littéraire Christian Desmeules dans son article «Christian Guay-Poliquin, l'hiver de force».

J'ai bien aimé ce récit de huis-clos dont le style d'écriture nous fait ressentir à la fois le poids de la neige qui s'accumule dans le paysage et le poids des pensées d'un Matthias désespéré et souffrant. Cependant, je n'ai pas été captivée par l'histoire, comme si je restais à une certaine distance des personnages.

Sans doute parce que je lisais en parallèle «La Couleur des sentiments», un roman de Kathryn Stockett, dans lequel il fait chaud, les émotions sont à fleur de peau et où l'action est plus rapide. Je crois que c'est le style de lecture dont j'avais besoin ces derniers temps.

Dans un roman, la tempête peut être la métaphore du désordre intérieur des personnes. C'est aussi une situation extrême qui donne à l'auteur l'occasion d'amener ses personnages à révéler certains aspects de leur personnalité ou encore de les pousser à chercher un refuge. Le choix de la tempête comme décor n'est pas gratuit.

***
«Le poids de la neige», Christian Guay-Poliquin, (La Peuplade, 2016)
«La couleur des sentiments», Kathryn Stockett (Actes Sud, 2010), paru en anglais sous le titre de «The Help» (Amy Einhorn Books, 2009).

3 décembre 2017

Salon du livre de Montréal 2017

J'étais en séance de dédicaces avec mon roman «Dormir avec les fantômes» au Salon du livre de Montréal, les 17, 18 et 19 novembre 2017.

Comme les stands des Éditions de La Grenouillère et de Lévesque Éditeur se côtoyaient, j'ai eu le plaisir de revoir France Boisvert, écrivaine et professeure de littérature au cégep Lionel-Groulx, à Sainte-Thérèse. J'avais fait sa connaissance lorsqu'elle était directrice littéraire à La Grenouillère, en 2012, et avait retenu mon recueil de nouvelles «Visite la nuit» pour publication. Elle était en séance de dédicaces pour son livre «Professeure de paragraphe», publié chez Lévesque Éditeur.

Christiane Lahaie, directrice littéraire chez Lévesque Éditeur, écrivaine et professeure à l’Université de Sherbrooke, était également présente.

Avec Christiane Lahaie et France Boisvert

Avec France Boisvert

Louis-Philippe Hébert, éditeur des Éditions de La Grenouillère

28 octobre 2017

Lancement de Dormir avec les fantômes

Certains pourraient croire qu'une fois le livre parti chez l'imprimeur, il n'y a plus qu'à se tourner les pouces! Mais après l'impression du livre, un autre type de travail commence: le travail promotionnel, afin de faire connaître cette oeuvre littéraire aux lecteurs.

Pour cela, l'éditeur et les auteurs conjuguent leurs efforts. Et dans le cas du lancement collectif d'une maison d'édition, l'éditeur joue le rôle d'un chef d'orchestre, les auteurs se préparant pour jouer leur partition (la lecture d'un extrait de leur livre).

François Lanctôt, Caroline Legouix, Hélène Simard,
Louis-Philippe Hébert, Micheline Lanctôt, Daniel Guénette

Le lancement collectif des Éditions de La Grenouillère a eu lieu à la Librairie Monet, à Montréal, le jeudi 21 septembre 2017. Ce fut une soirée festive, littéraire, musicale et rassembleuse. Un moment très fort en compagnie de collègues d'écriture, d'amis et de membres de ma famille. L'occasion de présenter officiellement mon livre aux lecteurs.


Cette belle et chaude soirée de fin d'été était animée par la chroniqueuse Aurélie Lanctôt.
L'accompagnement musical était de François Lanctôt.
Vous avez écouté des lectures d'extraits des livres publiés par les auteurs Daniel Guénette (Miron, Breton et le mythomane), Louis-Philippe Hébert et Micheline Lanctôt (Le Roi jaune) et moi-même (Dormir avec les fantômes), ainsi que par Hélène Simard, traductrice du recueil de poésie (Contradictions) de Sophie Morgan.
Madame Lanctôt a également interprété une chanson. Ses dessins originaux illustrant Le Roi jaune étaient exposés à La Librairie Monet  du 7 au 28 septembre.
Le décor et l'éclairage étaient une réalisation de La Librairie Monet.
La direction artistique et la mise en scène étaient de Louis-Philippe Hébert.

Merci à Louis-Philippe Hébert, mon éditeur, à tous les auteurs et artistes présents, merci à toutes les personnes qui sont venues nous rencontrer, merci pour votre gaieté contagieuse et la qualité de votre écoute! Je suis heureuse de faire partie d'une communauté aussi chaleureuse :-).

Pour plus de photos de la soirée, vous pouvez voir sur Facebook le beau montage de Lise Létourneau et l'album du photographe Christian Hébert.

10 septembre 2017

Les sculptures de Jaume Plensa

J'aime bien les sculptures de l'artiste catalan Jaume Plensa. Son œuvre en acier «Source» (d'une dizaine de mètres de hauteur), inaugurée à Montréal le 6 septembre, représente une forme humaine accroupie composée de 8 alphabets et de racines qui plongent dans le sol. De quoi nous rappeler l'importance du langage et de l'écriture dans le développement de l'humanité.

Photo La Presse: Ivanoh Demers (lien vers l'article ci-dessous)
Pour en savoir plus, vous pouvez lire l'article du journaliste, Mario Cloutier, paru dans la presse le 6 septembre: «Jaume Plensa: la Source du bien».

Sur le site Web de Jaume Plensa, on peut découvrir d'autres œuvres similaires et tout aussi belles et inspirantes: «Storm», à Londres (2013), «Memoria» à Hong Kong (2013) et «Spiegel I and II», à Toledo, en Ohio (2010).

12 août 2017

Suggestions de lecture pour «Le 12 août j'achète un livre québécois»

À l'occasion de l'événement «Le 12 août, j'achète un livre québécois», voici mes suggestions de lecture parues sur le blogue de la libraire Carcajou (Rosemère et Laval). Et vous, quelles seraient vos suggestions?

Catherine Leroux, Madame Victoria, nouvelles, Alto (2015)
En s’inspirant d’un fait divers, Catherine Leroux imagine les vies possibles d’une femme dont le squelette anonyme a été découvert, en 2001, près de l’Hôpital Royal Victoria. Des vies de solitude, tristes et violentes, réalistes ou fantastiques, mais illuminées par une magnifique écriture riche et poétique.


Daniel Grenier, Malgré tout on rit à Saint-Henri, nouvelles, Le Quartanier (2012)
Les nouvelles de ce recueil racontent de petites tranches de vie, l’action n’est pas leur ingrédient principal (et ce n’est pas un reproche de ma part). J’ai été séduite par la grande qualité d’observation de Daniel Grenier. Son écriture précise, le choix des mots, la syntaxe et les images m’ont captivée.

Éric Plamondon, 1984 : Hongrie-Hollywood Express (2012), Mayonnaise (2013), Pomme S (2014), trilogie romanesque, Le Quartanier
Dans cette trilogie, le récit des vies de Johnny Weissmuller, Richard Brautigan et Steve Jobs servent au narrateur, Gabriel Rivages, de fil conducteur pour écrire un journal. Sous l’accumulation de détails encyclopédiques, nous découvrons des éléments de sa vie personnelle. J’ai aimé l’histoire éclatée, les courts chapitres et la sensibilité qui se dégagent des commentaires de Rivages sur ces trois destinées hors du commun.

29 juillet 2017

L'exposition Hergé à Québec me donne envie de relire mes classiques

Je suis allée voir l'exposition Hergé au Musée de la civilisation de Québec, accompagnée de mon tintinophile préféré. J'avais lu les albums de Tintin quand j'étais enfant, mais je les ai vraiment redécouverts en les lisant à mes enfants. L'exposition m'a replongée dans ces agréables souvenirs de lecture, mais elle m'a surtout intéressée car le processus de création de Hergé et de ses collaborateurs était très bien expliqué grâce à de magnifiques archives.

Catalogue de l'exposition Hergé

J'ai aimé, également, les remarques et regards intéressés des visiteurs de l'exposition. Je me souviens notamment de la réflexion d'un adolescent à son copain: «Ils dessinaient tout au crayon...»

J'apprécie les histoires de Tintin, mais sans être une fanatique. Je préfère l'univers d'Astérix le Gaulois, de René Goscinny (aussi père du Petit Nicolas) et Albert Uderzo, et celui de Gaston Lagaffe, créé par Franquin. Et avant Astérix et Gaston, ce sont les albums de Caroline et ses amis, de Pierre Probst, que j'ai beaucoup lus et relus. J'ai vu que les albums ont été un peu rajeunis, mais je préfère les couvertures originales des années 60.

31 mai 2017

Écrire: le coût de renonciation

Ce matin dans La Presse+, Pierre-Yves McSween livre une analyse sur la réalité économique de l'écriture. Sa chronique «Vivre de sa plume au Québec, une réalité pratiquement impossible», publiée dans la section Affaires du journal, parle du coût de renonciation des écrivains. Le coût de renonciation (ou le coût de renoncement, cf. l'article de Wikipédia) est un terme économique qui «désigne la perte des biens auxquels on renonce quand on fait un choix».

L'auteur investit son temps
Écrire n'est pas mon activité principale, mais je lui réserve une place importante dans ma vie (et mon emploi du temps). Pour écrire, j'ai souvent réduit mes heures de travail et donc mon revenu, ou plutôt le revenu familial... ce qui implique une solidarité familiale face à cette activité artistique «à l'espérance mathématique bien mince, voire négative», pour reprendre un terme de Pierre-Yves McSween.

Je n'ai pas l'ambition de vivre financièrement de ma plume. Est-ce un sens de la réalité bien développé ou devrais-je rêver de faire partie de la liste des écrivains les plus riches du monde, selon un article du Journal Forbes «The World's Highest-Paid Authors 2016»? ;-)

«Lorsqu'il choisit d'écrire un livre, L'auteur investit non pas son argent, mais son temps. La nature du temps qu'il accorde à l'écriture est son choix», écrit Pierre-Yves McSween.

Le choix que je fais d'écrire implique donc un coût de renonciation économique, mais si l'article de McSween était publié dans la section Arts, son angle aurait peut-être été le coût de renonciation de ne pas écrire! C'est-à-dire de ne pas s'exprimer artistiquement, de ne pas éprouver le plaisir (et les affres) de la création, de ne pas développer certaines compétences, etc., etc.

Mettre du beurre sur la table
McSween explique très bien la réalité économique du marché du livre, la répartition des coûts et des gains entre l'auteur, l'éditeur et le détaillant. Il termine son analyse ainsi: «Pourquoi écrit-on un livre alors? Pour une série de considérations personnelles qui ne mettront pas nécessairement du beurre sur la table.»

Je suis bien d'accord, ce qui ne m'empêche pas de souhaiter que plus d'auteurs puissent vivre de leur plume, que les éditeurs fassent des profits, que les libraires vendent des livres et que les lecteurs continuent de lire et d'investir dans ce loisir en achetant des livres :-).

Cette semaine, le livre en tête des ventes selon le site Les libraires est «Quand sort la recluse», de Fred Varga, publié chez Flammarion. Fred Varga est écrivaine et archéologue. Je suis certaine que son écriture a une espérance mathématique très positive!