28 novembre 2012

Deux webzines littéraires à connaître

Si vous cherchez «webzine littéraire» dans Google, comment faire le tri parmi les 396 000 résultats proposés pour trouver les plus intéressants? Certains webzines abordent la littérature sous des angles originaux. Je vais vous en présenter deux: «La Recrue du mois, Vitrine des premières oeuvres littéraires québécoises» et «Cousins de personne».

La Recrue du mois

«La Recrue du mois» (http://larecrue.net/) a vu le jour il y a cinq ans. D'abord un blogue, ce site est devenu par la suite un webzine mensuel. Son but est d'encourager la relève en offrant une vitrine aux premières œuvres littéraires québécoises. La rédactrice en chef est Lucie Renaud.

Chaque mois, l'équipe choisit de façon collégiale un auteur de roman, récit ou recueil de nouvelles: c'est la recrue du mois. D'autres auteurs sont également présentés dans la catégorie «Repêchage». Ils auraient pu être qualifiés comme recrue, mais n'ont pu être retenus pour différentes raisons, notamment le fait qu'il n'y a que douze mois dans l'année. Les premières œuvres littéraires bénéficient, grâce à ce webzine, d'une vitrine qui les aide à sortir du lot. Ce qui n'est pas facile à faire, au milieu de la mêlée de la rentrée littéraire!

J'avais découvert le site «La Recrue du mois» en avril dernier, alors que Les Éditions de la Grenouillère venaient d'accepter mon livre. Une auteure de cette maison d'édition, Karine Rosso, était justement la recrue du mois avec son recueil de nouvelles «Histoires sans Dieu». (http://larecrue.net/categorie/recrues/karine-rosso/)

Cousins de personne

J'ai appris en lisant un article écrit par Catherine Lalonde dans Le Devoir du 21 novembre 2012 (http://www.ledevoir.com/culture/livres/364470/cousins-d-amerique-ou-cousins-de-personne), l'existence de l'association «Cousins de personne» qui vise la promotion, en France, de la littérature québécoise par le biais d'un webzine trimestriel: http://www.cousinsdepersonne.com/wp/.

Cette association et ce webzine sont nés d'une initiative de Mélikah Abdelmoumen (écrivaine) et Marie Noëlle Blais (libraire à La Librairie du Québec à Paris: http://www.librairieduquebec.fr/). Leur objectif est de faire découvrir la littérature québécoise aux Français en la débarrassant du folklore qui lui est parfois associé. Le webzine présente la littérature classique et contemporaine du Québec, son monde éditorial, l'état des recherches et est un lieu d'échange.

24 novembre 2012

SLM 3/3 : L'art du «pitch» littéraire

Comment, en quelques mots, une phrase, décrire le contenu d'un livre de façon à éveiller la curiosité du lecteur? C'est l'art (difficile) du «pitch» littéraire. Raphaël Sorin, écrivain et critique français, a écrit sur le blogue du journal Libération: «Quant au pitch, il demande une certaine habileté à manier les mots comme des flèches.» («Qui va vitrifier la rentrée?»: http://lettres.blogs.liberation.fr/sorin/2011/07/qui-va-vitrifier-la-rentr%C3%A9e-.html)

Quand on a fait de la broderie avec les mots pendant près de trois ans pour livrer un recueil de nouvelles, il faut carrément changer d'approche linguistique, troquer la boîte à fils contre le carquois: être rapide, vif, sans possibilité de retravailler ce que l'on vient de dire. Ouf! Une fois que c'est dit, c'est parti!

Pour être efficace, le pitch doit se préparer, mais encore faut-il réussir à le formuler correctement! Ce qui ce conçoit bien s'énonce clairement, oui, je sais... mais je suis encore en train de découvrir ce que mes textes m'apprennent sur ce que j'aime ou déteste, mes angoisses et mes espérances. Il reste des zones d'ombre (voir mon message «Plonger en soi», du 3 novembre). Dernièrement, j'ai commencé à  réfléchir à mes influences littéraires ou à mes livres préférés. J'ai enfin la réponse, je vous en parlerai une autre fois!

Donc, trouver un bon pitch. Celui rédigé par l'éditeur sur la 4e de couverture est excellent: «On peut recevoir une Visite la nuit et voir tout son univers basculer». Mais le but n'était pas de faire de la redite... Je me suis alors inspirée du paragraphe suivant, toujours sur la 4e de couverture: «Caroline Legouix met en scène des personnes qu'on aurait pu rencontrer dans la rue. Ce sont des voisins, des amis, des parents, mais ce sont surtout des êtres humains qui, à la faveur de circonstances parfois banales, parfois exceptionnelles, vont tendre la main vers l'autre... pour se dévoiler, pour trouver un amour, pour sortir de leur vie.»

Quand le lecteur potentiel passait devant mon stand au SLM et prenait le temps de lire la 4e de couverture, il avait un aperçu de l'essentiel de mon livre. J'enchaînais généralement en parlant du style varié de mes textes, ou alors je demandais au visiteur s'il avait l'habitude de lire des nouvelles. Je répondais aussi aux questions, comme celle-ci, que j'ai bien aimée, car elle prouve que la couverture du livre est intrigante: «Est-ce que ce sont des histoires d'horreur?» Non, non, je vous rassure, sur la photo de couverture, ce n'est pas Jack Nicholson qui a abîmé la porte en donnant un coup de hache, comme dans le film «Shining»!

Si les visiteurs ne lisaient pas la 4e de couverture, je me lançais et tentais de décrire de façon concise et intéressante le contenu de mon livre (c'est là que cela se corse, car dans le feu de l'action, cela peut sortir un peu croche). Je m'étais préparée, mais je n'ai jamais dit deux fois la même chose. Cela m'aurait gênée d'avoir une phrase automatique, car il n'était pas question de tomber dans le pitch de vente. Finalement, une phrase préparée mais adaptée en fonction de la personne rencontrée, c'est ce que je préfère.

«C'est l'histoire d'un mec...» aurait pu dire Coluche (humoriste et acteur français, 1944-1986). Mais, dans mon recueil, il n'y a pas que des mecs, il y a aussi des nanas. Et des jeunes, des vieux, des familles, des voisins, des amis, des gens qui travaillent, qui vont à l'école, qui ont des loisirs, il y a des gentils ou des salauds (ou ni l'un ni l'autre); tout un monde, quoi! Le pitch qui me vient à l'esprit, aujourd'hui, serait: «C'est l'histoire de gens ordinaires, comme vous et moi, qui vivent des expériences banales ou extraordinaires, dans lesquelles le lien avec les autres devient essentiel.»

Et vous, si vous avez lu mon recueil, comment le décririez-vous en une seule phrase? Vous pouvez écrire votre pitch dans la section commentaire, si vous voulez!

21 novembre 2012

SLM 2/3 : Sous les feux de la rampe

Enregistrement de l'émission «Le Pays des livres».
Émission «Le Pays des livres»

France Boisvert, animatrice radio de l'émission «Le Pays des livres», diffusée sur Radio Ville-Marie, avait invité le samedi 17 novembre, au Salon du livre de Montréal, trois auteurs des Éditions de la Grenouillère à venir parler de leur livre: Karine Rosso, pour son recueil de nouvelles «Histoires sans Dieu», Alain Brochu, pour son roman «Les insectes sont maîtres» et moi-même, pour mon recueil de nouvelles «Visite la nuit».

Expérience un peu stressante, puisque c'était la première fois que je parlais en ondes, et en direct! Heureusement, France Boisvert a un grand talent pour mettre ses invités à l'aise et pour les aider à exprimer leurs idées. L'émission sera rediffusée le mardi 11 décembre de 8h30 à 9h (Radio Ville-Marie, 91,3FM Montréal).

J'ai énormément apprécié rencontrer mes deux collègues auteurs et les écouter parler de leur livre. J'ai appris que Karine Rosso s'intéresse au mouvement anarchique au Québec, elle a notamment co-réalisé avec Fernando Garcia Blanes le documentaire «AnarChroniques, Chroniques d'une mouvance libertaire».
Alain Brochu, quant à lui, nous a parlé avec conviction de sa vision de l'enseignement et a partagé son enthousiasme pour Léon Bloy (1846-1917), un auteur français méconnu qui l'inspire beaucoup.
En ce qui me concerne, ce que je retiens surtout, c'est que France Boisvert m'a fait la remarque que j'ai «le sens du dérapage» dans mes nouvelles. J'aime bien cette expression.

Le lectomaton

Ma seconde expérience médiatique a été l'enregistrement d'une page de mon recueil dans le cadre du lectomaton, une initiative de la Délégation Wallonie-Bruxelles. Dans le lectomaton, le lecteur vient lire devant une webcam un passage d'un livre de son choix. La vidéo est ensuite diffusée sur Internet.
«Le pari est de faire circuler, autour de la création littéraire, une parole, des images, une mise en scène de la lecture, ouverte à tous.» (Source: «35e Salon du livre de Montréal: sous le signe des auteurs», article paru dans le journal «Voir Montréal», 30 octobre 2012, http://voir.chttp://voir.ca/nouvelles/actualite-litteraire/2012/10/30/35e-salon-du-livre-de-montreal-sous-le-signe-des-auteurs/).

J'ai lu la première page de la nouvelle »L'été des ombres» (p.33). Pour m'écouter, cliquez sur le lien suivant:

http://www.youtube.com/watch?v=n-l3pJL1gVI

19 novembre 2012

SLM 1/3 : Rencontres

Louis-Philippe Hébert, mon éditeur, et moi-même
Le Salon du livre de Montréal est terminé!
J'y ai passé beaucoup d'heures ces derniers jours, un peu en séance de dédicaces pour mon livre «Visite la nuit», mais plus encore à rencontrer des auteurs, assister à des activités et me plonger dans l'ambiance fébrile d'une grande fête du livre.

J'ai tant de choses à raconter qu'il y aura trois messages à propos de cette première expérience au SLM. Aujourd'hui, il s'agit de mes rencontres.

Rencontrer les lecteurs 

Avant le Salon du livre, j'avais tenté de me préparer psychologiquement en lisant ce que des auteurs disent de leur première expérience des séances de signatures. La plupart estiment que c'est une leçon d'humilité. Il est certain que les longues files d'attente pour obtenir la dédicace de Denise Bombardier, Rafaële Germain ou Dany Laferrière, par exemple, sont impressionnantes. Mais j'ai été agréablement surprise par le passage continuel des visiteurs devant le stand de la Grenouillère qui se trouvait fort bien situé, juste à côté de la caisse du stand Dimedia.

Grâce à ce positionnement stratégique, beaucoup de monde circulait devant moi et plusieurs visiteurs ont eu l’œil attiré par mon livre (la photo, le titre, les deux?). Quelques uns m'ont dit qu'ils trouvaient la photo de couverture belle, ou intrigante; une personne l'a trouvée suggestive, et une autre, qu'elle faisait peur!

Certains se sont donc arrêtés pour s'informer sur mon livre, mais également pour obtenir une dédicace. J'ai notamment beaucoup apprécié parler de mon livre ou de littérature avec André, Holly, un autre André, Denis, Elvira, Angèle, une jeune femme belge récemment immigrée au Québec, deux professeures d'université, Raphaëlle, Louis, Yannick, Jacline, Sylvie, Gilles, Corinne, Suzanne, Alicia, Véronique, Marie-Ève, Gauthier, Raphaëlle, Marion et Béatrice. Merci à vous tous!

Rencontrer les auteurs

En dehors de mes séances de signatures, j'ai eu le plaisir de discuter avec Hélène Dorion (Cœurs, comme livres d'amour, Hexagone), Véronique Papineau (Les bonnes personnes, Boréal), Judy Quinn (Hunter, Hexagone, Prix Robert-Cliche 2012), Marie Hélène Poitras (Griffintown, Alto), Jean-Marc Beausoleil (M. Électrique, Tryptique), ainsi que mes collègues auteurs aux Éditions de la Grenouillère, Karine Rosso (Histoires sans Dieu) et Alain Brochu (Les insectes sont maîtres), avec qui j'ai participé à une émission radio le samedi 17 (j'en parlerai prochainement). Sans oublier les auteurs ou les éditeurs des stands voisins!

14 novembre 2012

Univers croisés

Le Salon du livre de Montréal a lieu du 14 au 19 novembre. J'irai rencontrer des lecteurs et des auteurs;  je serai également en séance de dédicaces vendredi, samedi et dimanche, de 15h à 17h. Quel contraste avec les heures solitaires dans mon bureau, pour écrire, réécrire, encore et encore!

Lorsque j'écris, je raconte des histoires dont je connais forcément tous les ressorts, les faits saillants autant que les failles. J'ai visité les lieux habités par des personnages dont je connais les pensées et les motivations secrètes; nous sommes très intimes, eux et moi, voyez-vous.

Mais, soudainement, lors de la publication de mon livre, cette proximité viscérale et cette impression d'habiter un monde secret se sont évanouies. Car chaque lecteur éprouve le même degré d'intimité avec mon histoire, puisqu'il la recrée dans son imaginaire en la lisant. En tant qu'auteure, c'est le moment de lâcher prise. Partager mon univers.

J'ai eu le vertige, au-dessous de moi, le vide. Mon livre ne m'appartenait plus et je ne savais pas encore ce qu'il allait devenir, comment il allait être reçu. Puis les premiers lecteurs ont commencé à me communiquer leurs impressions, un pont se construit, mes histoires cheminent dans leur esprit, nos univers se croisent. C'est le moment que j'attendais.

12 novembre 2012

LaMetropole.com parle de mon livre

Aujourd'hui, sur le site LaMetropole.com, la journaliste et auteure Sandra Paré a écrit un article à propos de mon recueil de nouvelles. En voici quelques extraits:

«Les éditions de La Grenouillère sont fidèles à leur vocation. Trouver les mots et les auteurs justes. Une vocation pas toujours facile à porter, mais qui va à merveille à l’éditeur Louis-Philippe Hébert.»

«Visite la nuit est un recueil de nouvelles tout à fait croquantes. Un livre d’un ravissement total, qui ne se prend pas pour un autre.»

«Ici la preuve que l’on n’a pas besoin de longs textes pour émouvoir et surprendre.»

«Un menu complet d’expériences de vie lui permettant d’enfiler les mots pour en faire des personnages qui résultent en un excellent recueil de nouvelles.»
 

10 novembre 2012

Hélène Dorion, poète

Hier, en attendant chez un garagiste que ma voiture soit fin prête pour l'hiver, je feuilletais un numéro d'Elle-Québec datant du mois d'août quand je suis tombée sur la présentation du dernier recueil de poésie d'Hélène Dorion: «Cœurs, comme livres d'amour», paru en 2012 aux Éditions de l'Hexagone. Le titre magnifique, ainsi que le commentaire élogieux de Danielle Laurin, la chroniqueuse, m'ont donné envie de lire ce livre.

Voici un extrait de ce recueil que vous pouvez trouver sur le site d'Hélène Dorion. J'aime le rythme fluide et le vocabulaire simple qui évoque des images riches. Je sais ce que je vais lire dans les prochains jours, je vous en donnerai des nouvelles!

Le fleuve qui remonte vers sa source
le jardin de nos gestes
et paroles qui ne s’achèvent

le ciel qui ne se fane, la soif qui ne s’oublie
les ombres qui ne pèsent, le temps
qui ne se ferme.

Tu m’as donné ce monde, – un monde
qui ne cesse.


Hélène Dorion est née en 1958, elle a été, entre autres, enseignante, éditrice et chroniqueuse, elle a publié de nombreux livres (poésie et prose) et reçu des prix littéraires et honorifiques. Elle a été nommée, en 2010, Officier de l'Ordre du Canada. Pour plus d'information: www.helenedorion.com.

3 novembre 2012

Plonger en soi

J'inaugure ce blogue avec une citation de l'écrivain, professeur de littérature et critique Michel Lord: «Mais même si on ne raconte pas sa vie, écrire c'est toujours un peu beaucoup plonger en soi, dans sa boîte à monstres et à merveilles intérieures.»*

J'écris le plus souvent mes nouvelles à partir de déclencheurs comme la lecture d'une information dans le journal, une conversation ou un thème proposé par une revue littéraire. Les idées me viennent et ensuite je les explore. Je me sers de qui je suis, de ce que j'aime ou n'aime pas, de ce que je connais (ou pas), de mes peurs et de mes joies, pour colorer, décorer, étoffer, accessoiriser et habiller mes histoires. Je suis parfois étonnée des sentiers que j'ai empruntés, et c'est ce que j'aime dans la création littéraire.


Après trois ans de travail sur mon recueil aboutissant à sa publication, j'ai le sentiment, maintenant, de remonter à la surface et je me pose de multiples questions sur le processus d'écriture. J'aime lire ce que des auteurs disent de leur propre expérience. Je vous recommande notamment l'excellente collection Écrire, aux Éditions Trois-Pistoles, dans laquelle des écrivains québécois sont invités à parler de leur métier. C'est passionnant!


*Michel Lord, Entretien avec Guillaume Corbeil, Montréal, XYZ.La revue de la nouvelle, 2009, numéro 98, p.11-12.