7 décembre 2013

Un nouveau rythme pour mon blogue


«Le Libraire», la revue des librairies indépendantes du Québec, a fait paraître dans le numéro de novembre-décembre 2013 un dossier très intéressant intitulé «Métiers de papier» sur «l'autre métier des auteurs contemporains». Le numéro est disponible en Pdf sur le site de la revue.

L'«autre» activité des écrivains est souvent aussi intéressante et enrichissante que celle d'écrire! En ce qui me concerne, il y a un équilibre à trouver entre les deux. Le problème c'est le temps, qui file d'un côté ou de l'autre...

Alors, pour arriver à caser toutes mes activités dans mes journées et mes semaines, j'ai décidé de changer la formule de mon blogue. J'opte maintenant pour une parution plus souple, au fil de mes idées et de mes envies, pas nécessairement chaque semaine, mais au moins une fois par mois.

Vous pouvez vous abonner à mon blogue en inscrivant votre adresse courriel dans l'encadré «Pour être informé des mises à jour».

À bientôt!

30 novembre 2013

Moments forts au Salon du livre de Montréal

La semaine dernière, j'étais au Salon du livre de Montréal en séance de signature. Le stand de la Grenouillère (situé dans l'espace du diffuseur Dimedia) était dans un lieu moins passant que l'an dernier, et les lecteurs avec qui j'ai discuté restaient plus longtemps, ce qui était vraiment très agréable.

Vue sur le stand Dimedia, diffuseur des Éditions de la Grenouillère
Crédit photo: Caroline Legouix

Quelques moments forts pendant le salon...

J'ai énormément apprécié que Simon Philippe Turcot, écrivain et éditeur de La Peuplade (le stand d'en face), vienne me dire qu'il avait lu mon livre, qu'il l'avait aimé et qu'il le trouvait fin et intelligent. Ce style de commentaire, spontané et gratuit, est toujours encourageant pour une auteure en devenir comme moi... Mon éditeur, à qui j'ai rapporté ces propos, m'a répondu en substance «mais oui, c'est aussi ce que je te dis...» Là encore, c'est encourageant d'entendre son éditeur réitérer sa confiance. Le Salon du livre, ça sert à ça, aussi: faire taire les doutes qui émergent quand on travaille seul devant son texte...

Une des personnes à qui j'ai dédicacé mon livre, Mathieu, un étudiant, m'a dit avoir peu de temps pour lire et que mon livre serait sa première lecture quand il aurait terminé sa maîtrise en janvier. Sympa!

Enfin, j'ai fait connaissance de l'écrivaine Christine O'Doherty, auteure d'un roman remarqué, «Le pont de l'île», paru cette année chez Lévesque Éditeur (le stand d'à côté). Nous avons trouvé des points communs dans nos vies professionnelles. Le monde est petit.

23 novembre 2013

Les Prix littéraires des enseignants AQFP-ANEL

Plusieurs prix littéraires sont remis pendant le Salon du livre de Montréal. Parmi ces prix, les Prix littéraires des enseignants AQFP-ANEL sont décernés à quatre écrivains et à leur éditeur. Ils visent à «promouvoir la littérature québécoise et canadienne de langue française auprès des enseignants du français au Québec, à stimuler leur intérêt pour ces oeuvres et à les faire connaître et apprécier par leurs élèves».

L'auteure France Boisvert et l'éditeur des Éditions de la Grenouillère, Louis-Philippe Hébert, ont reçu le Prix littéraire des enseignants AQFP-ANEL, catégorie nouvelles, pour le recueil «Un vernis de culture», paru en 2012.

Crédit: Éditions de la Grenouillère
France Boisvert est enseignante en littérature au collégial et anime une émission littéraire (Le pays des livres) sur Radio Ville-Marie. Elle a un site Internet: http://www.franceboisvert.com/.

Voici les lauréats dans les trois autres catégories:

Roman 9 à 12 ans:
Dominique Demers, pour «Le secret des dragons», illustrations de Sophie Lussier (Dominique et compagnie)

Roman 13 ans et plus:
Nadine Poirier, pour «Adios» (Éditions de Mortagne)

Poésie:
Pierre Labrie, pour «Nous sommes ce continent» (Soulières Éditeur)

16 novembre 2013

Salon du livre de Montréal 2013

«Tout ce qui grouille, grenouille, 
scribouille changera le monde»  

Salon du livre de Montréal 2013 du 20 au 25 novembre

Venez rencontrer les auteurs des Éditions de la Grenouillère!
J'y serai le vendredi 22 et le samedi 23, de 15 h à 16 h, 
ainsi que le dimanche 24, de 13 h à 14 h.

Publicité: Éditions de la Grenouillère

9 novembre 2013

Ateliers d'écriture créative au CAPTCHPL

J'anime bénévolement des ateliers d'écriture créative au Centre d'aide aux personnes traumatisées crâniennes et handicapées physiques des Laurentides (CAPTCHPL), à Saint-Jérôme. Le but de ces ateliers est de s'amuser avec les mots, développer sa créativité, s'exprimer, partager, passer du bon temps ensemble!

L'accent est mis sur la spontanéité, l'expression de soi et le plaisir de créer. On y rit souvent, parfois on verse une larme. De temps en temps, je propose une activité de collage parce que les images nous permettent de nous exprimer de façon différente.

Quel plaisir, quels beaux moments de partage au CAPTCHPL! Merci à Guylaine et Nathalie de me donner l'occasion d'animer ces ateliers, à Lorraine et à Andréanne qui ont plus d'une fois abandonné leur travail en cours, quand nous manquions de secrétaires pour assister certains participants, et à tous les bénévoles, stagiaires et intervenants! Mais surtout... merci à vous, les membres du centre d'aide, pour votre enthousiasme, vos histoires cocasses ou sérieuses, et pour votre créativité qui nous emmène hors des sentiers battus.

Atelier d'écriture au CAPTCHPL, octobre 2013
Crédit photo: CAPTCHPL

L'atelier d'octobre
Début octobre, il faisait un temps magnifique (ciel bleu, soleil vif, couleurs chaudes...), nous avons parlé de l'automne. Le groupe était composé de membres du centre et de stagiaires (des étudiantes en travail social).

Chaque participante devait tirer au hasard un morceau de papier sur lequel était inscrit un haïku (court poème d'inspiration japonaise) sur l'automne. Elles devaient ensuite écrire un texte s'inspirant du haïku, puis réaliser un collage aux couleurs d'automne. Ci-dessous, je vous présente les collages réalisés lors de cette rencontre, accompagnés des haïkus qui les ont inspirés. 

Les haïkus sont tirés du livre «3 feuilles sur la treille», Édition L'iroli, 2012, par Janick Belleau, Danièle Duteil et Monique Mérabet. Chaque haïku est signé de l'initiale du prénom de l'auteure.

trottoir d'automne
comment sait-elle où atterrir
la dernière feuille? (D)
Par Stéphanie

grand vent
tout vole sauf
les oiseaux (D)
Par Manon

plus que trois feuilles
sur la treille
laquelle la dernière? (D)
Par Marcelle

départ des enfants -
le thermomètre
chute (D)
Par Dominique


soleil d'automne
un fil d'argent
dans ses cheveux (D)
Par Giulia

coup de vent -
un bruit de feuille sèche
raye le carrelage (M)
Par Marie-Claude

vent impétueux -
dans le calme de la maison
grincement de bois (J)

Par Carolanne


2 novembre 2013

Le mouvement «Sauvons les livres»




Le mouvement «Sauvons les livres» lance un cri d'alarme
 pour que le prix du livre soit enfin réglementé au Québec!
 (Lisez le communiqué de presse plus bas sur cette page.)

En France, une loi sur le prix unique du livre a été votée en 1981 (une ristourne de 5 % maximum est acceptée), afin de maintenir un réseau diversifié de librairies et de soutenir le pluralisme dans la création et l'édition. Oui, nous, les lecteurs pouvions apprécier d'acheter des livres avec 20 % de ristourne sur le prix suggéré, mais cela se faisait uniquement dans les grandes librairies. Que pouvaient faire les petites librairies indépendantes? Fermer, fermer, fermer... Mais quand tous les libraires vendent au même prix, on peut même acheter ses livres dans un petit village isolé comme celui de Banon, en France, à la librairie Le bleuet.


Photo: Michel Wal (GNU Free Documentation Licence)
Alors, le prix réglementé du livre, j'approuve!

26 octobre 2013

Le Festival du premier roman de Chambéry


Crédit photo: Éditions Druide
Pour découvrir de nouveaux auteurs, je vous suggère de visiter le site du Festival du premier roman de Chambéry, qui en est à sa 27e saison de lecture:

«Un large choix de premiers romans issus de publications francophones et européennes est diffusé auprès d’un réseau international de 3000 lecteurs. Ces lecteurs [...]échangent et débattent au sein de leur club de lecture ou lisent en solo avant de voter pour leurs auteurs favoris. Et c’est à partir du palmarès final que la programmation de chaque nouvelle édition [du Festival] s’établit.» 


Crédit photo: Éditions Boréal





Au Québec, la librairie Gallimard de Montréal a organisé un club de lecture, dont les membres (j'en suis!) se réuniront toutes les trois semaines, du 21 octobre à la fin janvier, pour partager leurs idées et impressions sur les livres lus. Nous voterons ensuite pour choisir quels auteurs seront invités a festival littéraire Metropolis bleu, qui aura lieu à Montréal en 2014 et s'est associé au Festival de Chambéry.

Pour tout savoir, vous pouvez lire le blogue du club de lecture de la librairie Gallimard de Montréal, sur lequel vous trouverez plein d'informations sur les 30 romans (15 français et 15 québécois) en lecture dans le club, ainsi que nos comptes-rendus de lecture.


19 octobre 2013

Entrevue avec l'écrivain Patrice Robitaille

J'ai publié en juillet dernier sur «Bible urbaine» une critique du livre de l'écrivain québécois Patrice Robitaille, «Le cartel des volcans», paru aux Éditions David. J'ai eu le plaisir de rencontrer l'auteur et il m'a parlé avec beaucoup de générosité de son parcours littéraire.

Patrice Robitaille
(Photo par Caroline Legouix)

 Vous pouvez lire le compte rendu de cette entrevue sur le site de «Bible urbaine»: Entrevue avec l'écrivain Patrice Robitaille: écrire pour trouver des réponses

12 octobre 2013

Café littéraire avec Éric Dupont, auteur de «La fiancée américaine»

Crédit photo: Marchand de feuilles
La Société littéraire de Laval (SLL) a organisé le mardi 8 octobre, au Collège Montmorency (Laval), un café littéraire avec Éric Dupont, animé par Madeleine Dalphond-Guiral. Éric Dupont a publié en 2012 aux Éditions Marchand de feuilles un roman lauréat du 20e Prix des Libraires 2013 et du Prix des collégiens 2013. Il est aussi finaliste pour le Prix des cinq continents 2013.

«La fiancée américaine» ou la réappropriation du passé d'Éric Dupont

Éric Dupont et Madeleine Dalphond-Guiral
Crédit photo: Caroline Legouix

Le déclencheur de l'histoire de «La fiancée américaine» est une anecdote racontée par le père d'Éric Dupont à son fils: il avait rencontré une femme qui, des années auparavant, avait dû se rendre en secret à New York pour se faire avorter. Revenue ensuite au Québec, elle avait gardé longtemps le silence sur cet épisode de sa vie. L'écrivain avait été interpellé par l'idée d'une personne qui vit dans le silence et il s'était posé des questions.

L'évocation de la famille de l'écrivain, et de son entourage proche, a été continuelle tout au long de la soirée. Tout comme les lieux qui ont marqué Éric Dupont. Tout d'abord, Rivière-du-Loup, qu'il a quitté à regret quand la famille a déménagé, lorsqu'il était encore un enfant: «Je n'étais jamais vraiment parti de Rivière-du-Loup», a-t-il précisé. Il a continué en disant qu'il était en train de magasiner une terre là-bas: «Je voudrais acheter un bout du bas du fleuve!»

On comprend, en percevant la passion de l'auteur quand il parle de son livre, que son travail d'écriture a été un long parcours intérieur dans son passé. Il nous a parlé de ses vieilles voisines, en Allemagne, qui ont donné naissance à des personnages, de sa famille d'accueil en Autriche lors de son premier séjour à l'étranger, à 16 ans, de ses nombreux voyages à Rome, de son travail d'enseignant à Toronto dans un milieu indifférent à la francophonie et où il a été malheureux.

Il est difficile de résumer toutes les sources d'inspiration pour les personnages, les lieux et, même, les objets apparaissant dans son livre (Ah! le cendrier juché sur une patte d'orignal et qui était chez sa grand-mère...) Que d'anecdotes récupérées, que de tranches de vie racontées, que de paysages explorés, pour enrichir un texte foisonnant dans lequel Éric Dupont ne renie pas les influences de John Irving, Michel Tremblay et Marcel Aymé. Pour écrire «La fiancée américaine» (qui lui a demandé sept ans de recherches), Éric Dupont a dû s'isoler: «devenir presque un moine». «La fiancée américaine, c'est l'histoire de la réappropriation du passé», a-t-il confié.

Éric Dupont a publié trois livres avant «La fiancée américaine», tous parus chez Marchand de feuilles: «Voleur de sucre» (2005), «La logeuse» (2007) et «Bestiaire» (2008). L'auteur partira en janvier passer trois mois à Belo Horizonte, au Brésil, faire des recherches pour son cinquième roman.

«La fiancée américaine» paraîtra prochainement en France. Éric Dupont ne pouvait nous dévoiler le nom de la maison d'édition... Tous les paris sont ouverts! (Gallimard? Albin Michel? Robert Laffont? Grasset? ou un autre grand éditeur?)

Un livre qui me reste à lire

Si j'ai écrit cette chronique, c'est parce que j'ai écouté Éric Dupont lors de ce café littéraire. Je trouve toujours intéressant d'entendre un écrivain parler de son livre. C'était passionnant, même si je n'ai pas encore lu «La fiancée américaine»... Eh oui, je n'ai pas écouté le conseil de Danielle Laurin, critique pour Le Devoir, qui écrivait dans son article: «L'explosion Éric Dupont»: «Ne vous laissez pas démonter (...) par les caractères d'impression presque microscopiques!» Pourtant, même Éric Dupont a reconnu mardi soir qu'il avait eu la même réaction que tout le monde quand le livre est sorti (c'est écrit petit!).

C'est tout à fait le genre de livre que j'aurais envie de lire en numérique (pour agrandir la police), mais cette version n'est pas encore proposée par l'éditeur à la date où j'écris cette chronique. Ce n'est pas grave, je patienterai en lisant les autres livres d'Éric Dupont!

5 octobre 2013

Le parcours du débutant (4/4)

Trouver un éditeur

Louis-Philippe Hébert, écrivain et éditeur des Éditions de la Grenouillère

Les Éditions de la Grenouillère
Si vous voulez savoir qui est mon éditeur, Louis-Philippe Hébert, vous pouvez lire le numéro 151 (automne 2013) de La revue «Lettres québécoises», dans lequel un dossier complet lui est consacré. Il dirige les Éditions de la Grenouillère depuis 2010. Cette jeune maison d'édition implantée dans les Laurentides a fait partie, en mars 2012, de ma liste d'éditeurs sélectionnés pour envoyer le manuscrit de «Visite la nuit» (qui s'appelait provisoirement «L'insolitude»).

Une semaine plus tard, je recevais un courriel de la directrice littéraire de la Grenouillère, France Boisvert, qui me proposait un rendez-vous. Je l'ai donc rencontrée. Nous avons parlé de mon manuscrit puis elle m'a proposé dans la foulée un contrat d'édition (cela allait encore plus vite que ce que j'avais imaginé!).

J'ai pris quelques jours pour réfléchir puis j'ai signé le contrat et je l'ai envoyé à l'éditeur. Quelques semaines plus tard, lorsque j'ai reçu le contrat contresigné, j'ai écrit aux autres maisons d'édition pour les avertir que mon manuscrit n'était plus disponible. Une adjointe à l'édition a pris la peine de m'informer en retour que mon manuscrit avait eu un rapport positif du comité de lecture, et qu'elle venait tout juste de faire une recommandation à l'éditeur. Cette information m'a fait très plaisir, car cela me confirmait que mon recueil pouvait intéresser différents lecteurs.

Publier des nouvelles en revue et participer à des concours
Avant que mon recueil «Visite la nuit» ne soit terminé, j'avais publié quelques nouvelles en revues. J'en ai parlé dans ma chronique De la nouvelle au recueil (1). J'y ai écrit, notamment, que les revues littéraires sont un tremplin pour les auteurs qui débutent. Mais il faut savoir que ces revues publient également des écrivains d'expérience.

Pour mes premières soumissions de nouvelles, j'avais ciblé les revues XYZ. La revue de la nouvelle, Moebius, Brèves littéraires, Virages, Art Le Sabord, Zinc, Écrire (ainsi que Biscuit Chinois, qui a malheureusement cessé de paraître en 2010). Je vous suggère de visiter le site de la Sodep (Société de développement des périodiques culturels québécois). Vous aurez toutes les informations sur les revues citées plus haut et bien d'autres encore.

Les concours de nouvelles offrent aussi une bonne occasion d'exercer son écriture. Pour connaître les principaux concours, je recommande pour le Québec le site de la Banq (Bibliothèque et archives nationales du Québec), et en France, le site Bonnes Nouvelles. Si vous avez d'autres sites à suggérer, n'hésitez pas!

28 septembre 2013

Le parcours du débutant (3/4)

Chercher un éditeur

Crédit photo: Gallimard
Les refus
Saviez-vous que le manuscrit du premier livre de la série «Harry Potter», de J. K. Rowling, a été refusé par une dizaine d'éditeurs avant d'être accepté par Bloomsbury Publishing? Il y en a qui doivent s'en mordre les doigts! L'histoire littéraire est friande de ce genre d'anecdotes qui rassurent aussi «l'écrivain-en-devenir» refusé par un éditeur...

Bien entendu, je ne me compare pas à J.K. Rowling (même si l'on m'a déjà suggéré de prendre le pseudo de «J. Caroline» pour augmenter les ventes de mon recueil ;-), comme à aucun autre écrivain d'ailleurs. Chacun est unique dans l'écriture comme dans la vie.

Mon premier manuscrit, un roman écrit en 98-99, a été refusé par tous les éditeurs français auxquels je l'ai envoyé. Deux ans plus tard, je l'ai retravaillé et je l'ai envoyé à des éditeurs au Québec. Les maisons d'édition m'ont répondu par une lettre circulaire de refus, sauf deux: Robert Laffont, en France, et Lanctôt Éditeur, au Québec, qui m'ont écrit des commentaires personnalisés et positifs sur mon écriture, ainsi que la même remarque concernant l'intrigue, qu'ils trouvaient trop simple.

La réécriture
J'avais tout à fait conscience que l'intrigue était simple, mais c'était cette histoire que je voulais raconter... Peut-être écrivais-je sans le savoir une nouvelle dans laquelle il aurait fallu sabrer, plutôt que d'essayer de l'étoffer? Mon livre comportait 165 pages, pour un roman historique, c'était sans doute un peu mince...

Je me rends compte, aujourd'hui, que les thèmes sociaux qui m'avaient intéressée au départ (la vie au 17e siècle, la peste, les procès en sorcellerie), avaient pris le second plan par rapport aux relations entre les trois personnages principaux. Mon premier projet avait dévié en cours de route, inconsciemment.

Une décennie plus tard, en même temps que j'écrivais mon recueil, j'ai recommencé à retravailler mon roman (la troisième version) en le découpant en trois parties, chacune racontée par un des personnages principaux. Ce qui m'intéressait, c'était de développer leur point de vue sur les mêmes événements et d'arriver à trois histoires différentes (trois nouvelles?) qui se seraient croisées. Finalement, le point de vue de Margaux est devenu la dernière nouvelle de mon recueil («Margaux Duval»).

Le temps passé à écrire mon roman dans ses différentes versions n'a pas été perdu, au contraire! C'est une étape préparatoire qui m'a permis de travailler mon écriture et qui a conduit à la publication de mon recueil de nouvelles.

C'est en écrivant qu'on devient écriveron.
Raymond Queneau.