26 janvier 2013

La mémoire de Cavanna

En faisant la liste des livres que j'ai aimés, j'en ai revisité certaines pages pour redécouvrir l'histoire, la beauté des mots, retrouver la rencontre avec l'auteur(e) et le souvenir de l'époque à laquelle j'ai lu le texte.

J'ai envie de partager avec vous quelques phrases de François Cavanna, écrivain et dessinateur français né en 1923 (http://fr.wikipedia.org/wiki/Fran%C3%A7ois_Cavanna), qui a raconté son enfance dans «Les Ritals», un livre joyeux et tendre, écrit dans une langue riche et colorée. Il a écrit dans le dernier chapitre de son livre: 

«J'étais parti pour raconter les Ritals, je crois qu'en fin de compte j'ai surtout raconté papa. C'est marrant, l'écriture. Ça va où ça veut. (...)
C'est comme ça. Ta mémoire, tu crois la connaître, tu dis bon toutou, ça, fidèle et loyal serviteur... Tiens, fume! Ta mémoire, c'est une bête étrangère et têtue que tu nourris dans ta tête, dans un coin, prête à servir, que tu crois! Une vraie bourrique, oui. Qui n'en fait qu'à sa tête à elle. C'est elle qui choisit. Elle garde ce qu'elle veut, elle te sort ce qu'elle veut, quand elle veut. Tes souvenirs ne sont pas ceux que tu crois, pas du tout. Pas ceux que tu voudrais. Quand tu ouvres la porte à la mémoire, tu sais jamais ce qu'elle va te livrer, ni quand ça va s'arrêter.
Elle t'en jette à brassées, encore, encore, t'as pas les bras assez grands pour attraper au fur et à mesure, ça s'empile, ça se bouscule, t'en as par-dessus la tête, et il en arrive, encore, encore...»

Au cours de son récit, Cavanna nous parle avec tendresse et humour de sa famille, de ses amis, de son école, de son quartier de Nogent, en banlieue parisienne. Les pages sur son père sont les plus belles, comme celle où il évoque la «canson» que se chantait son père:

«Quand papa est à un travail, il se chante pour lui tout seul cette canson que je vous ai dite, sans paroles, sans musique, sans queue ni tête, qui s'invente et se défait au fur et à mesure. De temps en temps, quand même, il y a des paroles. C'est papa qui parle aux choses.»  

23 janvier 2013

Les passeurs de livres (3/3): mes lectures marquantes

Afin de jouer, tout comme ceux qui me recommandent leurs lectures préférées, un rôle de passeur de livres, j'ai essayé de constituer une liste de livres dont la lecture m'a particulièrement marquée. Voici, en vrac, les livres pour lesquels mon souvenir de lecture est le plus riche.




  1. Ann-Marie McDonald, «Un parfum de cèdre», 1996
  2. François Cavanna, «Les Ritals», 1978
  3. Paul Auster, «Brooklyn Follies» (Brooklyn Follies, 2005)
  4. Ray Bradbury, «Les chroniques martiennes» (The Martian Chronicles, 1950)
  5. Cormac McCarthy, «La route» (The Road, 2006)
  6. Alex Haley, «Racines» (Roots: The Saga of an African Family, 1976)
  7. Khaled Hosseini, «Les cerfs-volants de Kaboul» (The Kite Runner, 2003)
  8. John Irving, «Le monde selon Garp» (The World According to Garp, 1978)
  9. John Irving, «L'œuvre de Dieu, la part du diable» (The Cider House Rules, 1985)
  10. Alison Lurie, «Liaisons étrangères» (Foreign Affairs, 1984)
  11. William Styron, «Le choix de Sophie» (Sophie's Choice, 1979)
  12. Kate Atkinson, «Dans les coulisses du musée» (Behind the Scenes at the Museum, 1996)
  13. P.D. James, «Les fils de l'homme» (The Children of Men, 1992)
  14. André Brink, «Un instant dans le vent» (‘n Oomblik in die wind, 1976)
  15. Elsa Morante, «La Storia» (La Storia, 1974)

19 janvier 2013

Les passeurs de livres (2/3)

Au moment où j'écrivais la première partie de ce message (1/3), je lisais «Les 12 résolutions de lecture pour 2013» de Marie Hélène Poitras, éditrice de la Zone d'écriture de Radio-Canada (http://zonedecriture.radio-canada.ca). Dans une de ses résolutions, elle faisait référence au projet des Passeurs de livres, initié par Ron Hornbaker en 2001.

J'ai trouvé que cette expression Passeurs de livres correspondait bien à l'idée que je voulais développer après avoir lu un livre qui m'avait été prêté/passé, alors je m'en suis servie comme titre puis je suis allée me renseigner sur ce projet.

Sur Wikipédia, on apprend que le bookcrossing est «un phénomène mondial dont le concept est de faire circuler des livres en les «libérant» dans la nature pour qu'ils puissent être retrouvés et lus par d'autres personnes, qui les relâcheront à leur tour». (http://fr.wikipedia.org/wiki/Bookcrossing)

Il existe un site Web (http://www.bookcrossing.com/) sur lequel on peut enregistrer le livre voyageur, lui coller une étiquette et ensuite avoir la possibilité de le suivre à travers le monde (à condition que les personnes qui le trouvent enregistrent son statut sur le site!).

Ce mélange de poésie (le livre-voyageur) et de haute technologie (la traçabilité du livre sur Internet) est troublant. C'est enthousiasmant de voir que les humains se mobilisent autour d'un projet littéraire dont le but est de partager et de rassembler, mais c'est peut-être un peu trop encadré à mon goût.

Je crois que je préfère les approches un peu plus artisanales, comme celle de la 8e résolution de lecture de Marie Hélène Poitras: libérer un livre dans un lieu public, en écrivant un petit mot dans les premières pages pour inviter le lecteur à passer au suivant. On peut alors imaginer tout un périple pour le livre relâché dans la nature, ou plutôt dans la cité (et espérer qu'il ne finira pas son parcours dans un bac de recyclage!).

16 janvier 2013

«La Recrue du mois» parle de mon livre

«La Recrue du mois», un webzine littéraire dédié aux premières œuvres québécoises, présente mon livre comme un «premier recueil de nouvelles de qualité».

Philippe Guillaume a écrit dans sa critique: «Ce recueil de 19 nouvelles démontre la maîtrise du format court par Caroline Legouix. En très peu de temps, elle plonge le lecteur dans un univers pour bien lui asséner une surprise finale.»

Il conclut par: «...Caroline Legouix propose avec ce premier ouvrage des textes percutants et fait la démonstration d’une écriture de qualité.»

Voici le lien pour lire l'article au complet: http://larecrue.net/2013/01/visite-la-nuit/.


Mon livre a également fait l'objet, le 2 janvier, d'un article écrit par le journaliste Donald Brouillette et paru dans le Journal Le Courrier, de Sainte-Thérèse: http://www.journallecourrier.com/Culture/2013-01-02/article-3149463/Caroline-Legouix-publie-un-premier-recueil-de-nouvelles-Visite-la-nuit/1.


12 janvier 2013

Les passeurs de livres (1/3)

«Le Cercle littéraire des amateurs d'épluchures de patates» est un roman épistolaire écrit par Mary Ann Shaffer et Annie Barrows (Éditions NIL, 2009, pour la traduction française). Son titre intriguant avait éveillé ma curiosité depuis sa sortie en librairie et je m'étais promis de lire ce livre un jour; comme on me l'a prêté récemment, c'est enfin chose faite.

Quand un livre m'est recommandé, sa lecture m'intéresse doublement: tout d'abord, c'est (généralement) un bon livre, puisqu'on me le conseille; ensuite, j'aime découvrir ce qui a plu à la personne qui me le recommande, ses goûts littéraires, ses sujets d'intérêt, ce qui la touche, etc. Et j'apprécie le partage de nos impressions après ma lecture. C'est stimulant, enrichissant, cela nous rapproche.

Mary Ann Shaffer (malheureusement décédée au moment de la sortie de son livre, qui a été terminé par sa nièce Annie Barrows) avait souhaité écrire un livre relatant l'occupation allemande pendant la Seconde Guerre mondiale à Guernesey, une île anglo-normande. Elle a traité également de l'importance de la littérature et des livres dans nos vies, surtout lors de périodes difficiles. Ainsi, les personnages du «Cercle littéraire des amateurs d'épluchures de patates» expliquent, en 1946, à la journaliste Juliet Ashton ce que la lecture leur a apportés pendant l'occupation.

Dans leurs lettres, ces personnages confient qu'ils trouvent dans les livres les mots justes pour mieux exprimer ce qu'ils ressentent. Ils se reconnaissent parfois dans ce qu'écrit un auteur, les livres leur offrent des occasions de se sentir plus proches les uns des autres, de partager des idées, un savoir, des sentiments, des émotions. Ils permettent d'apprendre, de comprendre, de se souvenir. Ils ouvrent à d'autres mondes.

Les membres du cercle littéraire de Guernesey se sont pris au jeu de la lecture, qu'ils ont commencée par obligation mais qu'ils ont continuée pour le plaisir. Ils découvrent, vibrent, échangent, cherchent à convaincre, se passionnent. Le temps d'une phrase, d'une page, d'un chapitre, ils s'évadent de leur île occupée.