27 avril 2013

23 avril: Journée mondiale du livre et du droit d'auteur

En 1995, l'UNESCO a déclaré que le 23 avril serait la journée mondiale du livre et du droit d'auteur.
  
Photo par Marie-Lan Nguyen, Wikimedia Commons.
Que de chemin parcouru depuis l'apparition de l'écriture cunéiforme en Mésopotamie, vers 3500 avant J. C. Ci-dessus: contrat archaïque sumérien, Shuruppak, vers 2600 avant J.C., Musée du Louvre.

Photo par Hajor, GFDL, Wikimedia Commons.
Que de chemin parcouru depuis l'utilisation de la terre glaise, de la pierre, du parchemin et du papyrus pendant l'Antiquité, et depuis l'invention du papier par les Chinois il y a plus de 2000 ans. Que de chemin parcouru, encore, depuis les inventions chinoises de la xylographie au VIIe siècle et de l'imprimerie à caractères mobiles au IXe siècle. Ci-dessus: papyrus montrant Osiris, Musée du Caire.

Photo par Willi Heidelbach, GFDL, Wikimedia Commons
Photo par KoS, domaine public, Wikimedia Commons.
Que de chemin parcouru depuis l'invention de la presse à imprimer par Johannes Gutenberg en 1450, qui marqua les débuts de l'imprimerie moderne et de la diffusion du livre.

Photo par Boffy b, GFDL, Wikimedia Commons.
Que de chemin parcouru depuis l'invention des premiers ordinateurs dans les années 40 et du World Wide Web développé par le Britannique Timothy Bernes-Lee au tournant des années 90. Ci-dessus: IBM PC 5150, 1983.

La journée mondiale du livre célèbre la culture de l'écrit comme moyen de diffusion de l'information et outil privilégié de l'éducation. L'écrit fait partie de nos vies, pour la plupart d'entre nous. Si nous avons eu la chance d'être alphabétisés et de recevoir une éducation. Si nous vivons dans un environnement qui offre des livres. Que de chemin parcouru, et pourtant... Voici un site utile à connaître: La Fondation pour l'alphabétisation, dont la mission est de faire en sorte que tous, au Québec, aient accès à la lecture et à l'écriture.

L'écrit fait partie de nos vies, mais il est souvent en danger. Les autodafés de l'Allemagne nazie ne sont pas si loin de nous. La censure sévit toujours. De nombreux écrivains et journalistes sont emprisonnés pour leurs idées. Que de chemin parcouru, et pourtant... L'organisation non-gouvernementale PEN International (fondée en Grande-Bretagne en 1921 par Catharine Amy Dawson-Scott, une poète, dramaturge et activiste en faveur de la paix) a pour but de promouvoir la littérature et la liberté d'expression.

La journée internationale du livre nous rappelle l'importance de ces organisations.

20 avril 2013

Salon international du livre de Québec 2013

Au SILQ, le dimanche 14 avril 2013.

Séance de signatures

Conversation avec une lectrice

Au Salon international du livre de Québec, j'ai eu la chance de rencontrer Emmanuelle Cornu, auteure du recueil de nouvelles Jésus, Cassandre et les demoiselles (Les Éditions Druides, 2012), ainsi que Mélissa Verreault, auteure du recueil de nouvelles Point d'équilibre (La Peuplade, 2012). J'ai lu ces deux livres et j'étais contente de pouvoir parler un peu avec ces écrivaines.

Pourquoi aime-t-on parler avec les artistes, en général? Peut-être afin de mieux comprendre leur oeuvre, mais par l'intermédiaire de l'oeuvre, ne cherche-t-on pas aussi à connaître l'auteur? Mais est-ce toujours l'artiste en tant que personne que l'on souhaite rencontrer, ou l'artiste en tant que médiateur entre l'art et notre propre humanité?

L'art possède plusieurs fonctions dans notre vie. Celle de nous mettre en contact avec nous-mêmes et de nous aider à comprendre le monde dans lequel nous vivons me semble en être une importante. En tout cas, c'est ce que je trouve dans certaines lectures ou en regardant certaines oeuvres visuelles. Pour la musique, j'ai l'impression que cela fait appel chez moi à quelque chose de différent, de plus inconscient, viscéral. C'est une idée à creuser, j'y reviendrai dans une future chronique.

Le prix Adrienne-Choquette
Ce prix patronné par les Écrivains francophones d'Amérique récompense un recueil de nouvelles. Il est remis pendant le SILQ et a été attribué cette année à Charles Bolduc pour son recueil Les truites à mains nues (Leméac, 2012). Je ne peux pas vous en parler car je ne l'ai pas lu, mais si vous voulez en savoir plus, le journaliste Philippe Couture a publié une critique de ce livre l'an dernier sur le site de Radio-Canada.
Le prix Adrienne-Choquette a été fondé en 1980 par Simone Bussières, en mémoire à la romancière et nouvelliste québécoise Adrienne Choquette (1915-1973).

13 avril 2013

Cocktail

Par Morpheus 1703 (GNU-FDL)
Tout comme le cocktail météo que nous avons connu hier au sud du Québec (neige et grésil), ma chronique d'aujourd'hui sera sous le signe du mélange des genres.

Annonces

Un article sur mon livre a paru le 5 avril dans le journal Nord-Info de Sainte-Thérèse, voici le lien pour lire le commentaire du journaliste Luc Proulx: «Une pensée pour construire une réflexion» 

Une nouvelle nous accompagne souvent sur l’oreiller et chacun des titres de ce recueil vous laissera sur une pensée qui construira une réflexion au long de ce parcours littéraire. (Luc Proulx)

Demain, je serai en séance de signature au Salon international du livre de Québec, de 13h à 14h. Avant et après, je ferai ce que font tous les visiteurs: flâner au milieu des livres et rencontrer des auteurs! 

Coups de cœur de lecture 

Malgré tout on rit à Saint-Henri
Je viens de terminer avec regret (ce qui est un signe... voir ma chronique du 23 février «Qu'est-ce qu'un bon livre?») un excellent recueil de nouvelles: Malgré tout on rit à Saint-Henri (Le Quartanier, 2012), par Daniel Grenier. 

J'ai beaucoup aimé les tranches de vie urbaines décrites par l'écrivain. J'ai apprécié son observation fine et subtile des personnages, servie par une écriture précise, musicale et très belle. Ce recueil est ciselé comme l'œuvre d'un orfèvre.

Pour en savoir plus, vous pouvez visiter le site de La Recrue du mois, qui a choisi ce recueil comme «Recrue du mois» en septembre dernier.

Extrêmement fort et incroyablement près
J'ai eu également un coup de cœur, il y a quelques semaines, pour le roman Extrêmement fort et incroyablement près de Jonathan Safran Foer (Éditions de l'Olivier, 2006). Le livre raconte l'histoire d'Oskar, un petit garçon de 9 ans, très intelligent, très sensible et très triste, qui cherche à donner du sens à la mort de son père, disparu lors de l'attentat du 11 septembre à New York. 

Le récit est très dense et poétique. Le personnage du petit garçon surdoué donne la possibilité à l'écrivain de mélanger profondeur et spontanéité dans ses observations sur la vie, la mort et les relations humaines. Les sentiments qu'Oskar exprime, ainsi que ceux de ses grands-parents, sont poignants. Les observations d'Oskar sont très expressives (les semelles de plomb, un googleplex), et son imagination débordante le porte à réfléchir à des tas d'inventions, comme le montre le passage ci-dessous, situé au tout début du livre:

«Et pourquoi pas des petits micros que tout le monde avalerait pour qu'ils diffusent le bruit de son cœur par des petits haut-parleurs qu'on pourrait placer dans la grande poche centrale de sa salopette? En faisant de la planche à roulettes le soir dans la rue, on entendrait les battements du cœur des autres, qui entendraient les nôtres, cela ferait une espèce de sonar. Le truc bizarre, c'est que je me demande si tous les cœurs se mettraient à battre en même temps, comme les femmes qui vivent ensemble ont leurs règles en même temps je suis renseigné là-dessus, mais j'aurais préféré m'en passer. Ça, ce serait carrément bizarre, sauf que l'endroit de l'hôpital où les enfants viennent au monde ferait le bruit d'un lustre de cristal dans un transatlantique, parce que les bébés n'auraient pas eu le temps de coordonner leurs battements cardiaques. Et sur la ligne d'arrivée du marathon de New York, ça ferait le bruit de la guerre.»

Et ça continue toujours aussi fort...

6 avril 2013

La contrainte qui donne des ailes


Par Andreas Trepte (www.photo.natur.de)*
J'avais abordé, le 16 mars, le thème de la contrainte en écriture qui libère la créativité. Les contraintes de la poésie à forme fixe en sont un exemple: les rimes, le nombre de pieds et le nombre de strophes sont codifiés pour le sonnet, la ballade, l'ode, etc. Ces contraintes ont favorisé la créativité (tout comme s'en affranchir, d'ailleurs).

L'écrivaine Régine Detambel explique dans son article Écrire sous les contraintes: «Une chose est claire avec la contrainte: si elle est libératrice et créatrice, c’est qu’elle permet de sortir de sa routine personnelle. En se forçant à appliquer un certain nombre de règles, on peut écrire quelque chose qu’on n’aurait jamais eu l’idée d’écrire, jamais pu écrire sans cela.»

Pour moi, la contrainte d'écriture est un jeu. Je l'utilise à l'occasion, mais ce n'est pas mon principal procédé d'écriture.

L'OuLiPo
Un courant de pensée a particulièrement réfléchi aux contraintes d'écriture: L'Ouvroir de littérature potentielle (OuLiPo), une association fondée en 1960, en France, par le mathématicien François Le Lionnais et l'écrivain Raymond Queneau. Les membres de l'association se réunissent pour réfléchir aux notions de contrainte et de création. Le site de l'OuLiPo est une mine d'informations à ce sujet.

Certains oulipiens ont mené l'expérience de la contrainte très loin, comme l'écrivain Georges Perec qui réussit à écrire un livre (La disparition, paru en 1969) sans la lettre «e»! Cette contrainte de ne pas employer une lettre dans un texte s'appelle un lipogramme. Le livre a été traduit en anglais, un vrai casse-tête, j'imagine...

Le cadavre exquis boira le vin nouveau
Peut-être connaissez-vous le «cadavre exquis», un jeu inventé par les surréalistes en 1925, qui est devenu un classique. Son nom vient de la phrase trouvée lors de l'invention de ce jeu: «Le cadavre exquis boira le vin nouveau.» Chaque personne écrit un mot sans voir ce que la précédente a écrit (on peut aussi faire ça avec un dessin). Une feuille de papier circule dans le groupe et on replie le papier pour cacher ce que chacun a écrit.

Voici deux cadavres exquis créés lors d'ateliers d'écriture que j'anime: «le groupe nominal / beau / jouer / dans un bain moussant pour cinq / la veille d'après-demain du dernier jour de janvier de l'an passé», et «l'univers / tout crochu / roule / à St-Ligorie / dans trois semaines». Nous nous servons de la phrase obtenue pour écrire une histoire. Plaisir garanti, en écrivant son texte et en écoutant les histoires des autres!

Quelques contraintes utilisées dans Visite la nuit
Deux de mes nouvelles respectent des contraintes. «La belle inoxydable se rebelle», écrite au départ pour le thème «métal» de la défunte revue Biscuit chinois, comporte une trentaine de termes faisant référence aux métaux. Pour la nouvelle «Vertige de l'amour», j'ai souhaité que la forme du texte ait un rapport avec ce qui se passe dans l'histoire. C'est une sorte de calligramme.

Calligramme de Guillaume Appolinaire  (PD-OLD)*

Certaines de mes nouvelles ont été écrites pour un thème imposé, mais ce n'est pas vraiment une contrainte, il s'agit d'un déclencheur. Ainsi, «Le chêne du village» a été écrit pour le thème Arbre de la revue Moebius. «Amour filial» (version préliminaire de «La préférée») a été écrit pour le numéro de Moebius sur le dilemme. Et la nouvelle «Ligne de mire en direct» démarre par une phrase imposée par un concours de nouvelles.

En fait, j'utilise une contrainte lorsque je perçois quelque chose dans le premier jet d'un texte qui gagnerait à être exploité plus à fond, comme le champ lexical du métal dans «La belle inoxydable». Mais j'écris surtout d'après mes idées notées dans mon petit carnet à idées. Elles me viennent à partir de faits dont j'ai entendu parler aux informations, de sujets que j'ai lus, de conversations que j'ai eues. Et l'idée notée peut en amener une autre, et une autre...

Je pense que j'ai développé ma créativité quand j'ai commencé à noter mes idées. Je n'ai pas peur de la page blanche, mes petits carnets sont remplis de déclencheurs d'écriture.

(*Photos via Wikimedia Commons)