25 mai 2013

La nouvelle (2)

Dans ma chronique du 4 mai, je tentais de me souvenir des nouvelles que j'avais lues et qui m'avaient marquée. Cet effort de mémoire me permet de mieux comprendre mes goûts et mes influences en littérature. Parmi les nouvelles que j'ai beaucoup aimées, j'avais oublié de mentionner celles d'Haruki Murakami (Après le tremblement de terre et Saules aveugles, femme endormie). En ce moment, du même auteur, je lis 1Q84. J'aime lire des nouvelles, mais 1Q84, avec ses trois tomes de 500 pages, me confirme que j'apprécie tous les formats de livre du moment que l'histoire me plaît et qu'elle est bien écrite!


Je continue la réflexion sur la nouvelle littéraire commencée dans ma chronique du 4 mai.

Voici la définition de la nouvelle donnée par Le Petit Robert: «Récit généralement bref, de construction dramatique, et présentant des personnages peu nombreux.»

Je dois avouer que lorsque j'ai commencé à écrire, j'étais comme Monsieur Jourdain qui faisait de la prose sans le savoir. En fait, j'ai souvent travaillé la construction de mes nouvelles de façon intuitive. J'écris l'histoire qui me vient à l'esprit et, en général, je ne connais pas la fin avant de l'écrire. Cette méthode est certainement possible pour une nouvelle, mais moins pour un roman. Si j'ai besoin, par la suite, de rectifier mon texte pour mieux amener la chute, c'est plus facile à faire quand le récit ne comporte qu'une dizaine de pages! C'est au moment de retravailler mon texte que je porte attention à la construction, au décor, aux personnages, au style, au rythme, etc.

Je pense avoir beaucoup appris sur le tas. Si j'ai écrit des nouvelles, c'est parce que j'en ai d'abord lues. Mais à un moment donné, j'ai ressenti le besoin de réfléchir aux procédés d'écriture en lisant des livres d'analyse littéraire. C'est la prise de conscience des procédés d'écriture qui me permet d'évoluer, la part de l'intuition a diminué en faveur de la part du travail!

18 mai 2013

Écrire une critique de livre

Écrire mon premier compte rendu pour le webzine Bible urbaine (voir ma chronique du 11 mai) m'a menée à me poser diverses questions... Quand un critique lit un livre de fiction en vue d'écrire un compte rendu, comment arrive-t-il à démêler les intentions de l'auteur de sa réinterprétation du texte? Ce n'est pas facile, car la lecture se fait avec ce que le critique a en tête à ce moment-là, ses connaissances sur le sujet, ses goûts, sa personnalité. Malgré les efforts pour rester objectif, la lecture est toujours subjective.

Le critique est d'abord un lecteur qui a des impressions. Mais il s'en dégage pour observer et décrire (le thème, la tonalité générale, la construction des phrases, le vocabulaire, les figures de style, la narration et ses surprises...). Il passe ensuite par une phase de recherche (références, comparaisons) et de réflexion qui permet d'interpréter et d'évaluer. Enfin, il communique au lecteur ce qu'il pense du livre. C'est une activité très agréable, en fait, car écrire sur une oeuvre mêle le plaisir de lire à celui d'écrire.

Faire une critique de livre, c'est également porter un regard sur le travail d'une personne qui a mis beaucoup de temps et de sa personne dans sa création. En tant que conseillère d'orientation, je ne peux m'empêcher de considérer l'écriture sous l'angle des compétences impliquées ou de la valeur du travail personnel.

Finalement, je crois qu'une critique constructive est faite de commentaires nuancés, argumentés et dans le respect de la personne, tout en restant sincère.

Prix des libraires du Québec
Dans ma chronique du 2 février, j'avais parlé des finalistes au 20e Prix des libraires du Québec. Les lauréats ont été dévoilés le 13 février:
  • Éric Dupont, pour La fiancée américaine (Marchand de feuilles), dans la catégorie Romans québécois;
  • Patrick Dewitts, pour Les frères Sisters (Alto), dans la catégorie Romans hors Québec.

11 mai 2013

Compte rendu de«Ticket pour l'éternité», de Pierre-Yves Pépin, sur «Bible urbaine»

Depuis cette semaine, je suis collaboratrice littéraire pour le webzine culturel Bible urbaine, fondé en 2010 par Éric Dumais, rédacteur en chef. La mission de ce webzine est de «Promouvoir la culture émergente et populaire dans son ensemble et donner une vitrine aux écrivains locaux et internationaux.»

J'ai lu et commenté le recueil de nouvelles Ticket pour l'éternité, de Pierre-Yves Pépin, qui a paru chez Triptyque au début de l'année. Je continuerai ma collaboration à Bible urbaine au rythme d'un livre par mois.

Voici le début de mon texte paru le 10 mai:

Ticket pour l'éternité, de Pierre-Yves Pépin: vivre malgré la certitude de la mort

Photo: Éditions Triptyque
Pierre-Yves Pépin a publié chez Triptyque Ticket pour l'éternité, un recueil de quinze nouvelles qui est son troisième ouvrage paru chez cet éditeur. Sur la couverture du livre, un village et des palmiers se reflètent dans l'eau sur un fond couleur sable. La chaleur torride est presque palpable. En effet, les personnages ont particulièrement chaud dans ces histoires riches en rebondissements, mais le climat n'est pas toujours en cause.

Cliquez ici pour lire la suite sur Bible urbaine...



4 mai 2013

La nouvelle (1)

Il y a des livres qui jalonnent notre parcours de lecteur. Je me suis demandé récemment quelles avaient été mes premières lectures de nouvelles, puis les suivantes, celles qui ont développé mon intérêt pour ce genre littéraire.

Je crois que j'ai commencé par les nouvelles d'Edgar Allan Poe, Histoires extraordinaires et Nouvelles histoires extraordinaires, que j'ai lues vers 18 ans (je me rappelle surtout du Scarabée d'or et de La chute de la maison Usher). Ces nouvelles appartiennent plutôt au genre fantastique.

Ensuite, j'ai lu des nouvelles de science-fiction dans La Grande Anthologie de la science-fiction, publiée par Le Livre de poche, dont les deux premières séries ont été dirigées par Gérard Klein, Jacques Goimard et Demètre Ioakimidis, et la troisième par Gérard Klein, Ellen Herzfeld et Dominique Martel. Les volumes des deux premières séries, celles que j'ai lues, rassemblaient des nouvelles autour d'un thème (par exemple Histoires de robots, Histoires de planètes, Histoires de sociétés futures), je les ai dévorées! Cette anthologie a été publiée entre 1966 et 2000. Pour en savoir plus, vous pouvez lire l'article La Grande Anthologie de la science-fiction paru sur Wikipédia.

Les premières nouvelles que j'ai écrites étaient fantastiques ou du domaine de la science-fiction. Maintenant, j'écris plutôt des nouvelles qui se passent dans notre quotidien, mais je n'ai pas complètement abandonné ces deux genres. Deux nouvelles, dans mon recueil, pourraient être considérées comme fantastiques («Le chêne du village» et, dans une moindre mesure, «Margaux Duval») et une troisième («La rencontre de Zoé»), appartient au genre de la science-fiction.

Je reprends le récit de mon parcours de découverte des nouvelles. Ensuite, donc, j'ai découvert les nouvelles (et les romans) d'Isaac Bashevis Singer, l'écrivain américain d'origine polonaise qui reçut le Prix Nobel de la littérature en 1978. Il a notamment écrit la nouvelle Yentl, qui fut adaptée au cinéma par Barbara Streisand en 1983.

J'ai continué à lire des recueils de nouvelles au hasard de mes découvertes à la bibliothèque ou en librairie. J'ai oublié la plupart des titres, mais je me souviens d'avoir lu et apprécié Baby-boom de Jean Vautrin, Prix Goncourt de la nouvelle en 1986, d'avoir également lu des nouvelles de Joyce Carol Oates, d'Alison Lurie, puis d'avoir eu un coup de coeur pour Je voudrais que quelqu'un m'attende quelque part, d'Anna Gavalda (paru en 1999 chez Le Dilletante).


Peu après mon arrivée au Québec, j'ai découvert les revues spécialisées dans la publication de nouvelles, telles que XYZ. La revue de la nouvelle et Moebius. C'est dans les pages de Moebius que j'ai d'abord lu une nouvelle de Suzanne Myre avant de lire tous ses recueils (elle a remporté le Prix Adrienne-Choquette en 2003 pour son recueil Nouvelles d'autres mères, Marchand de feuilles, 2002). Puis j'ai lu (entre autres), et beaucoup aimé, des recueils de Diane-Monique Daviau (Dessins à la plume, paru chez HMH en 1979 et Histoires entre quatre murs, paru chez HMH en 1981), d'Esther Croft (Le reste du temps, paru chez XYZ en 2007, Prix Adrienne-Choquette 2008) et d'Agnès Gruda (Onze petites trahisons, paru aux Éditions du Boréal en 2010, Prix Adrienne-Choquette 2011).

Plus récemment, ce sont les recueils de Melissa Verreault (Point d'équilibre, La Peuplade, 2012) et de Daniel Grenier (Malgré tout on rit à Saint-Henri, Le Quartanier, 2012) que j'ai particulièrement aimés.