29 juin 2013

C'est le temps des vacances!

Reprise du blogue le samedi 7 septembre
Bon été!



J'ai pris cette photo il y a quelques années  pendant des vacances en France, sur la côte Atlantique. Est-ce que j'avais ce paysage en tête lorsque j'ai écrit ma nouvelle «L'insolitude»? Sans doute, parmi d'autres souvenirs de paysages de bords de mer que j'ai engrangés pendant mes vacances en Normandie, lorsque j'étais enfant. Voici le début de cette nouvelle qui se passe en bord de mer:


L'insolitude

Démons et merveilles
Vents et marées
Au loin déjà la mer s'est retirée
Mais dans tes yeux entrouverts
Deux petites vagues sont restées
Démons et merveilles
Vents et marées
Deux petites vagues pour me noyer.

Jacques Prévert



Virgile s'agenouilla pour regarder de plus près la chose sur le sentier, mais il n'osa pas y toucher. D'ailleurs, le temps lui manquait pour examiner de quoi il s'agissait (un cadavre d'animal, un objet perdu par un promeneur?); il avait encore une longue marche devant lui s'il voulait arriver au camp à dix heures, de l'autre côté de la crique.

Quelqu'un l'appela, mais le vent assourdissant ramenait sur le rivage la rumeur des flots battant les rochers de granit. Virgile n'entendit rien. Il écarta de ses yeux ses cheveux emmêlés et lourds de l'humidité salée des embruns. Il rabattit le capuchon de sa longue cape noire, se releva et continua sa route. Tout en marchant, il se fit la réflexion que la chose était «parfaitement insolite dans ce cadre bucolique...» Ça y est! Il recommençait à faire de grandes phrases malgré lui, voilà ce qui arrivait à force d'incarner des personnages médiévaux et de vouloir utiliser un langage châtié. Cela ne le gênait pas tant que ça, mais il était à chaque fois étonné du vocabulaire qui arrivait à germer dans sa tête. Il aurait aimé que son professeur de français puisse noter ses pensées au lieu des dissertations dont les sujets le figeaient devant la page blanche. Tandis qu'ici, sur le sentier surplombant la mer, avec l'horizon pour reculer les possibles et la lande à perte de vue pour prendre racine, il se sentait poète, et les mots de Prévert lui revenaient: «Démons et merveilles, vents et marées, au loin déjà la mer s'est retirée...»
  
Chaque foulée l'éloignait de la ville monstrueuse, à l'autre bout de la baie, avec ses cheminées fumantes, son port rempli de cargos sales et les rues grouillantes de gens pressés. Sur la corniche, Virgile se sentait libre et sans attaches. Il respirait. Cependant, la chose étrange sur le chemin avait interrompu sa méditation solitaire. Maintenant, le dard de la curiosité ne le laissait plus en repos. Il y avait des jours comme ça. 

(Extrait de «L'insolitude», Visite la nuit, p. 51-52) 

Compte rendu de lecture sur Bible urbaine


Le 16 juin, mon compte rendu de lecture
sur le livre Sans âme ni loi, de Benjamin Faucon,
a paru sur le webzine culturel Bible urbaine.

Cliquez ici pour accéder au compte rendu sur Bible urbaine.

(Crédit photo: Benjamin Faucon)

22 juin 2013

De la nouvelle au recueil (2)

J'ai eu, lors de la rédaction de mon recueil, un certain plaisir à explorer diverses formes littéraires, mais aussi des voix narratives, des époques ou des lieux différents, qui en fait s'imposaient lorsque j'écrivais mes histoires. L'intention n'était pas au départ d'écrire un recueil varié, mais mon écriture s'est orientée naturellement vers différents styles en fonction de ce que je racontais. 

C'est ainsi qu'en plus des 15 nouvelles de format «classique», on trouve dans Visite la nuit une scène de théâtre, une lettre, un échange de courriels, ainsi qu'une nouvelle comportant un calligramme et quatre poèmes en exergue d'une autre nouvelle. Les récits sont situés au Québec (la majorité) mais aussi en Ontario et en France. On peut entendre des voix féminines, masculines, jeunes ou moins jeunes. Les histoires se passent de nos jours, mais les deux dernières font des bonds dans le temps. 

J'aime les techniques mixtes en art visuel, les courtepointes, les collages, l'architecture ou les sculptures qui juxtaposent des éléments divers dont l'assemblage produit un «tout» plus puissant que chaque élément séparé. Mon livre reflète-t-il mon goût pour le mélange des genres? En tout cas, je trouve qu'écrire un recueil de nouvelles peut s'apparenter à la création d'une courtepointe...


Par Anna, Creative Commons Licence

15 juin 2013

De la nouvelle au recueil (1)

Lorsque j'ai écrit la première (au sens chronologique) nouvelle de Visite la nuit, «Inventaire avant liquidation», je ne savais pas qu'elle serait un jour publiée en recueil. Je l'ai envoyée en décembre 2009 pour le concours 2010 de la Fondation lavalloise des Lettres. Elle n'a pas été retenue. Je l'ai retravaillée et elle a été acceptée quelques mois plus tard par la revue Virages

«Inventaire avant liquidation»

Ma seconde nouvelle, «L'insolitude», a été lauréate du 12e concours de nouvelles du Lecteur du Val, en France, tandis que mon troisième texte, «Amour filial», a été accepté par la revue Moebius, puis un autre encore, «L'angelot», a été accepté par la revue XYZ. La revue de la nouvelle. Puis d'autres encore.


«Amour filial»

Mon recueil était en construction, mais je n'en avais pas encore conscience... Je ne savais pas exactement où je m'en allais, mais j'y allais. J'avais la volonté d'écrire coûte que coûte, malgré le temps morcelé dont je disposais, et la publication dans les revues littéraires a été un tremplin extraordinaire. 

«L'angelot»

J'écrivais mon univers intérieur, ce que j'avais dans la tête à cette époque. Une collègue d'écriture que j'ai rencontrée récemment m'a dit qu'il n'y avait réellement que trois sujets dans la littérature: la vie, l'amour, la mort. Effectivement, j'ai l'impression d'avoir traité ces sujets universels, avec une approche personnelle, bien sûr, qui est l'angle de la communication et des relations humaines. Ce sujet me passionne depuis mes études en psychologie sociale.

«Les châteaux de sable du bout du monde»

À un moment donné, en 2011, j'ai eu suffisamment de textes écrits pour m'apercevoir qu'il y avait un embryon de recueil. J'ai continué à écrire en sachant que, dorénavant, j'écrivais pour rassembler mes nouvelles dans un livre. La dynamique avait changé, car je prenais conscience des relations entre mes histoires. Mes nouvelles constituent un monde peuplé des personnages que j'ai inventés, et dont certains vont sans doute habiter mon prochain livre.

«La belle inoxydable se rebelle»

 (À suivre...)

8 juin 2013

Trouver un titre de livre

Un titre doit accrocher l'attention du futur lecteur tout en donnant une idée du thème ou de la tonalité du livre.

Quand j'ai soumis mon manuscrit à mon éditeur, j'avais utilisé le titre provisoire L'insolitude, d'après ma nouvelle du même nom. Cependant, il s'est avéré qu'il était déjà utilisé pour un livre. Comme mon éditeur souhaitait un titre original (ce que je trouve tout à fait pertinent), j'en ai cherché un autre en partant de mes nouvelles, de phrases dans mes textes, des idées que je trouvais importantes, etc. Bref, j'ai trouvé au moins une cinquantaine de titres plus ou moins satisfaisants! À un moment donné, j'ai aussi réfléchi aux titres de livres (ou de films) que je trouvais beaux, si beaux qu'on pourrait s'en servir pour écrire un poème:

Tous les matins du monde
 La vie devant soi 
 
La couleur des sentiments
Les particules élémentaires

 Le champ de personne 
Ligne de faille


Effroyables jardins
 Voyage au bout de la nuit

La reine dans le palais des courants d'air
Cris et chuchotements
 
 Dans les replis du temps 
L'insoutenable légèreté de l'être

 L'empreinte de l'ange
Un instant dans le vent  

Après mon brassage d'idées, j'ai fait quelques suggestions à mon éditeur, mais c'est lui qui, finalement, a proposé le titre de Visite la nuit. Je l'aime beaucoup et il reflète bien l'ensemble du recueil. Pour moi, la nuit évoque un moment propice à la réflexion, aux remises en questions, un retrait nécessaire pour mieux comprendre ce que nous vivons. Ce n'est pas si sombre, l'aube n'est jamais loin.

«Lever de soleil depuis le grand ballon» (2009) par Panoraman
GNU Free Documentation Licence, Wikimedia

1 juin 2013

L'amour en chanson

L'amour
est un sujet qui inspire les créateurs
depuis la nuit des temps...
Aujourd'hui,
 je vous propose une sélection
de belles chansons d'amour.

*Le baiser par Francesco Hayez (1859)

«Love me do», The Beatles
 (Please Please Me, EMI Records, 1963)

Love, love me do.
You know I love you, 
I'll always be true,
So, please, love me do.
Whoa, love me do.
(1er couplet)
 
Écouter la chanson sur youtube
 

«Balade à Toronto», de Jean Leloup
(La vallée des réputations, Productions Roi Ponpon, 2002)

tant qu'il y aura des étoiles
 sur le bord de la route nous devrons nous arrêter
tant qu'il y aura des rivières
nous pourrons nous baigner


«Let's never stop falling in love», Pink Martini 
(Hang on a little tomato, Heinz Records, 2004)

I wish a falling star could fall forever
And sparkle through the clouds and stormy weather
And in the darkness of the night
The star would shine a glimmering light 
And hover above our love 
(1er couplet)  

Écouter la chanson sur youtube 


 «On va s'aimer encore», de Vincent Vallières
(Le monde tourne fort, Spectra Musique, 2009)

On va s'aimer encore, au travers des doutes, des travers de la route et de plus en plus fort
On va s'aimer encore, au travers des bons coups, au travers des déboires, à la vie à la mort on va s'aimer encore 
(refrain)

 Accès au vidéoclip sur le site de Spectra Music


Enfin, parce que la vie à deux est aussi un voyage à la rencontre des autres:

«On ira», de Zaz 
(Recto Verso, Digisleeve, 2013)

On dira que les rencontres font les plus beaux voyages
On verra qu'on ne mérite que ce qui se partage
On entendra chanter des musiques d'ailleurs
Et l'on saura donner ce que l'on a de meilleur
(extrait)

Accès au vidéoclip sur youtube 

*Crédit photo: Oeuvre visible au Pinacoteca di Brera à Milan, en Italie, photographiée par le Yorck Project, copyright: Zenodot Verlagsgesellschaft mbh, GNU Free Documentation Licence, via Wikimedia Commons.