28 septembre 2013

Le parcours du débutant (3/4)

Chercher un éditeur

Crédit photo: Gallimard
Les refus
Saviez-vous que le manuscrit du premier livre de la série «Harry Potter», de J. K. Rowling, a été refusé par une dizaine d'éditeurs avant d'être accepté par Bloomsbury Publishing? Il y en a qui doivent s'en mordre les doigts! L'histoire littéraire est friande de ce genre d'anecdotes qui rassurent aussi «l'écrivain-en-devenir» refusé par un éditeur...

Bien entendu, je ne me compare pas à J.K. Rowling (même si l'on m'a déjà suggéré de prendre le pseudo de «J. Caroline» pour augmenter les ventes de mon recueil ;-), comme à aucun autre écrivain d'ailleurs. Chacun est unique dans l'écriture comme dans la vie.

Mon premier manuscrit, un roman écrit en 98-99, a été refusé par tous les éditeurs français auxquels je l'ai envoyé. Deux ans plus tard, je l'ai retravaillé et je l'ai envoyé à des éditeurs au Québec. Les maisons d'édition m'ont répondu par une lettre circulaire de refus, sauf deux: Robert Laffont, en France, et Lanctôt Éditeur, au Québec, qui m'ont écrit des commentaires personnalisés et positifs sur mon écriture, ainsi que la même remarque concernant l'intrigue, qu'ils trouvaient trop simple.

La réécriture
J'avais tout à fait conscience que l'intrigue était simple, mais c'était cette histoire que je voulais raconter... Peut-être écrivais-je sans le savoir une nouvelle dans laquelle il aurait fallu sabrer, plutôt que d'essayer de l'étoffer? Mon livre comportait 165 pages, pour un roman historique, c'était sans doute un peu mince...

Je me rends compte, aujourd'hui, que les thèmes sociaux qui m'avaient intéressée au départ (la vie au 17e siècle, la peste, les procès en sorcellerie), avaient pris le second plan par rapport aux relations entre les trois personnages principaux. Mon premier projet avait dévié en cours de route, inconsciemment.

Une décennie plus tard, en même temps que j'écrivais mon recueil, j'ai recommencé à retravailler mon roman (la troisième version) en le découpant en trois parties, chacune racontée par un des personnages principaux. Ce qui m'intéressait, c'était de développer leur point de vue sur les mêmes événements et d'arriver à trois histoires différentes (trois nouvelles?) qui se seraient croisées. Finalement, le point de vue de Margaux est devenu la dernière nouvelle de mon recueil («Margaux Duval»).

Le temps passé à écrire mon roman dans ses différentes versions n'a pas été perdu, au contraire! C'est une étape préparatoire qui m'a permis de travailler mon écriture et qui a conduit à la publication de mon recueil de nouvelles.

C'est en écrivant qu'on devient écriveron.
Raymond Queneau.

21 septembre 2013

Le parcours du débutant (2/4)

Les conseils des écrivains


Crédit photo: Éditions Guenot



Lorsque j'ai commencé à écrire, il y a de cela un certain nombre d'années, j'ai lu «Écrire, Guide pratique de l'écrivain», de Jean Guenot (écrivain français, également journaliste et professeur d'université). Ce livre est devenu un classique en France (mon édition date de 1983, mais le livre semble encore disponible sur ce site: Éditions Guenot).

Crédit photo: Écrire aujourd'hui

Le second livre qui m'a le plus aidée est «Maîtriser l'écriture de nouvelles» (Éditions Écrire aujourd'hui, 2009) de l'écrivain, éditeur et critique de science-fiction Damon Knight. J'ai trouvé ses réflexions sur l'écriture passionnantes.

Qui dit conseil ne veut pas dire obligation, ces guides pratiques ne m'ont jamais semblé des manuels à suivre à la lettre, bien sûr! Certains conseils correspondent à la façon de faire, à la personnalité, à la vision de l'écriture et de la création de l'apprenti écrivain, dans ce cas, on les suit. Et ceux que l'on écarte ont aussi leur utilité: celle de nous faire prendre conscience de nos choix personnels. Car, comme le suggère Gaëtan Brulotte, écrire est un exercice de lucidité.


Crédit photo: Éditions Trois-Pistoles

Mais il n'y a pas que la technique, quand on écrit! Et même, le lecteur ne devrait jamais avoir conscience des procédés utilisés par l'auteur. L'important quand je lis, c'est de me sentir emportée par l'histoire. Quand je lis, j'embarque ou non avec l'écrivain pour des raisons qui me sont très personnelles. Il y a une résonnance, un accord quasi musical avec l'auteur. C'est une rencontre très intime. C'est sans doute pour cela que j'aime aussi lire les (auto)biographies d'écrivains. Je trouve que ce sont des sources d'inspiration et de motivation.

Je vous recommande à ce sujet la Collection Écrire, Éditions Trois-Pistoles, dans laquelle des écrivains québécois parlent du pourquoi et du comment de leur écriture. Ils ne donnent pas de conseils d'écriture, mais ils nous font plonger dans leur univers créatif. J'aime tout particulièrement «La chambre des lucidités», de Gaëtan Brulotte et «Écrire comme on joue du piano», de Donald Alarie.

Récemment, début 2013, Dany Laferrière a publié «Journal d'un écrivain en pyjama» aux Éditions Mémoires d'encrier. Je viens de le commencer et je le trouve très intéressant. J'en ferai un compte rendu en octobre!

Critique de livre sur «Bible urbaine»
Photo: Druide


Ma critique du dernier roman d'Annie L'Italien (Éditions Druide, 2013) est maintenant en ligne sur le site de «Bible urbaine»: «Ce ne sera pas simple» d'Annie L'Italien: une chasse à l'héritage aux allures de jeu de piste» (***).

«Tous les ingrédients sont réunis pour passer un agréable moment de lecture.»

14 septembre 2013

Le parcours du débutant (1/4)

Pour répondre à une lectrice qui me demandait quels conseils je pourrais donner à des auteurs débutants, je commence aujourd'hui une série de quatre chroniques qui vont traiter de ce qui a marché pour moi, pour écrire et publier.

C'est un simple témoignage personnel, mais comme j'ai fait le «parcours du débutant», j'espère que mes réflexions pourront aider ceux d'entre vous qui commencent à écrire et voudraient publier un livre.

J'ai choisi d'illustrer cette chronique avec la très belle couverture
 du livre de Jean Chalon, «Colette l'éternelle apprentie», 
dont le titre reflète bien ma vision de l'écriture.

Crédit photo: Flammarion
 

Voici les 10 règles qui me semblent les plus importantes...

  1. Commencer à écrire. C'est peut-être un peu évident, mais j'ai passé beaucoup d'années à conjuguer le verbe écrire au futur...
  2. Faire taire le censeur qui sévit dans notre tête et veut nous faire croire qu'on n'est pas capable, ou que ce ne sera pas assez bon, ou que c'est impossible de se faire publier.
  3. Noter ses idées quand elles se présentent. Si on attend, la plupart s'évanouissent À JAMAIS!
  4. Écrire régulièrement. Pas spécialement à heures fixes, mais au moins une fois par semaine, sinon la mayonnaise ne prend pas!
  5. Écrire ce que l'on a envie d'écrire, sans se soucier des normes et de la mode.
  6. Quand on écrit un premier jet, ce n'est pas le moment d'être critique.
  7. Mettre le texte de côté pendant quelque temps afin de le relire avec un oeil neuf.
  8. Retravailler le texte aussi longtemps que nécessaire. Je considère que mon travail est terminé seulement lorsque je ne modifie plus rien, plusieurs lectures de suite.
  9. Relire le texte à haute voix, pour entendre le rythme et déceler les répétitions. Flaubert le faisait dans son «gueuloir».
  10. Persévérer!

La suite la semaine prochaine!

7 septembre 2013

Lectures estivales

Si vous cherchez des idées de lecture, je vous recommande deux livres dont j'ai fait la critique, cet été, sur «Bible urbaine».

«Le mystère de la chaussette orpheline et autres tracas du quotidien», de Colombe Linotte, m'a fait rire à chaque page. Une lecture réjouissante, et pas seulement pour l'été!

Photo: Éditions First

«Le mystère de la chaussette orpheline et autres tracas du quotidien» de Colombe Linotte: fragments humoristiques de la vie quotidienne

Dans un style plus sombre, j'ai beaucoup aimé le roman de Patrice Robitaille:

Photo: Éditions David

«Le cartel des volcans» de Patrice Robitaille: la descente aux enfers d'un jeune caïd