24 septembre 2016

Réussir les photos d'écrivains: pas si facile

Photo par Anna 16 - Wikimedia Commons
J'ai été prise en photo à trois reprises par des photographes professionnels: pour la 4e de couverture de mon recueil de nouvelles (Pierre-Henry Reney), pour un article paru dans le journal Le Mirabel (Elaine Nicol), ainsi que pour un article paru dans le journal Nord-Info (Michel Chartrand). J'estime que ces photos sont réussies. J'utilise régulièrement les deux premières, dont je possède les droits de reproduction.

S'improviser photographe professionnel
Par la suite, mes tentatives de réaliser par moi-même (enfin, avec l'aide de mon mari) des portraits dignes de figurer dans divers médias m'ont démontré la complexité de la chose. Je possède quelques clichés un peu quétaines (j'en assume la responsabilité, ce n'est pas celle de la personne qui a accepté de me photographier) que je ne dévoilerai pas au public, finalement...

Petit ego ne doit pas devenir grand
Notre petit ego se tapit derrière ces questions: «Suis-je bien sur la photo? Me ressemble-t-elle? Est-ce que ce serait mieux comme ça, ou comme ci...». Je crois qu'un peu d'autodérision est utile quand on ne se trouve pas à son avantage.

Les huit astuces pour réussir une mauvaise photo d'écrivain:
Pour aider les écrivains à prendre du recul, la lecture de l'article humoristique que David Caviglioli a écrit dans Le Nouvel Observateur (24 mars 2013) est fortement recommandée. L'illustration de ses commentaires par de nombreuses photos d'écrivains rend son propos très clair.
Pour lire l'article: «Les huit astuces pour réussir une mauvaise photo d'écrivain».

Dans quelle catégorie tombera ma prochaine photo «officielle»?
En résumé, le journaliste classe les photos d'écrivains dans différentes catégories:
  1. Le regard perçant de l'écrivain 
  2. L’œil rêveur
  3. Le sourire
  4. La tête penchée
  5. L'écrivain présentoir
  6. Le plan bibliothèque
  7. Le plan arbre
  8. Le plan sofa
Puis il conclut par: Les portraits en situation: études de cas.

Je le répète, je suis entièrement satisfaite des photos prises par Pierre-Henry Reney, Elaine Nicol et Michel Chartrand! Mais chaque fois que je lis l'article de David Caviglioli, je me marre... et je ne peux m'empêcher de faire des liens.

Je pense que ma photo de 4e de couverture pourrait figurer dans la catégorie L’œil rêveur, celle que j'utilise actuellement sur ce blogue et ma page Facebook pourrait être un combiné de L'écrivain présentoir et du Plan sofa, tandis que la troisième serait dans la catégorie Sourire. (Les photos prises par mon conjoint dans notre jardin sont assurément des Plans arbres...).

Dans quelle catégorie tombera ma prochaine photo «officielle»? ;-) 

17 septembre 2016

La petite disparition

La lectrice soumise - Magritte (1928)*

J'ai trouvé en surfant sur la toile un beau texte de l'écrivaine Agnès Desarthe: Où je suis quand je lis?, paru dans l'ouvrage collectif "Lire est le propre de l'homme", qui rassemble les textes d'une cinquantaine d'auteurs de L'École des loisirs sur le thème de la lecture (École des loisirs, 2011, édition hors commerce).

En voici un extrait:

«Qu'on lise un roman classique ou un récit déstructuré, un sonnet ou une prose poétique, on procède par identification. Identification à un personnage, ou au narrateur, mais également identification à l'écrivain ou à la langue, ou encore au livre lui-même.

Il s'agit de sortir de soi, de se quitter, de présupposer une altérité séduisante, d'accepter de s'y laisser mener. "Où je suis quand je lis?", mais aussi: "Qui je suis quand je lis lis?" Je suis tour à tour le personnage, l'auteur, le mot, l'aventure. Je me dissous, et le fait que j'agrée volontiers cette petite disparition n'a rien à voir avec la haine de soi et tout à voir avec l'amour de l'autre.»
(Agnès Desarthe)

J'aime l'expression "cette petite disparition" d'Agnès Desarthe. Elle correspond bien à ce que je ressens quand je lis un livre. J'oublie le temps qui passe, où je suis, qui je suis. Je m'abstrais du monde pour en pénétrer un autre, celui de l'auteur, du narrateur, des personnages.

ll y a aussi une notion de confiance, d'abandon et de rencontre dans l'expérience de lecture. J'accepte de croire en ce monde fictif qui m'emmène ailleurs et j'en reviens plus riche. La rencontre intime avec des personnages, leurs pensées et leurs émotions, partager leurs choix et leurs actions, traverser de nouveaux lieux et paysages, tout cela élargit mon champ d'expérience.

Si j'additionnais toutes ces vies empruntées, je serai vieille de milliers d'années. Des drames et des joies, j'en ai vécus! Et les péripéties, parfois dangereuses ou mortelles, dont je sors sans une égratignure...

La nostalgie qui m'étreint en refermant un livre que j'ai aimé, en quittant les personnages auxquels je me suis identifiée, me confirme la réalité de cette expérience, puisque ce sentiment m'habite même en dehors du monde imaginaire.

Je vous propose de regarder l'excellente vidéo Lire à la folie de Solange (Solange te parle), qui illustre parfaitement le propos d'Agnès Desarthe.

*Source photo: http://www.wikiart.org/en/rene-magritte/the-submissive-reader-1928

10 septembre 2016

«L'imaginaire du 11 septembre 2001» par Bertrand Gervais et al.

L'imaginaire du 11 septembre 2001
Motifs, figures et fictions
Sous la direction de Bertrand Gervais, Alice Van Der Klei et Annie Dulong
Éditions Nota bene, 2014

Quinze ans après les attentats du 11 septembre 2001 aux États-Unis, les questions «Où étiez-vous le 11 septembre 2001?», «Que faisiez-vous ce jour-là?» continuent d'être posées dans les médias ou surgissent dans nos conversations quotidiennes quand nous évoquons nos souvenirs de cette journée.

Des souvenirs restés très vifs pour la plupart des gens qui, comme moi, ont été seulement spectateurs. Pour ceux qui ont vécu les attentats ou qui ont perdu un proche, on ne peut pas parler de «souvenir vif», car l'expression est bien en dessous de la réalité. Ces personnes, ces victimes, ont vécu un traumatisme profond ayant des répercussions personnelles et dans le temps dépassant de loin la notion de simple souvenir.

Je parle aujourd'hui des attentats du 11 septembre, mais je pense aussi à d'autres tragédies. En 2015, Charlie Hebdo le 7 janvier, le Bataclan et les cafés du 11e arrondissement le 13 novembre, le 14 juillet 2016 à Nice... Je suis Charlie, je suis Paris, je suis New-York, je suis Orlando, je suis Nice, je suis Ottawa, Bruxelles aussi, et Alep, Istanbul, Maiduguri, Quetta, Sousse, Bamako, Bagdad... je voudrais nommer tous les pays, toutes les villes, tous les noms de toutes les victimes. Ne pas tomber dans l'indifférence ni la banalisation. Nommer pour réaffirmer la dignité des victimes et leur identité, pour ne pas oublier.

Mardi 11 septembre 2001, je suis à la maison, il est presque 9 heures, j'écoute C'est bien meilleur le matin à Radio-Canada. Soudain, le journaliste Marc Laurendeau communique une nouvelle incroyable: à New-York, un avion a percuté une tour du World Trade Center. J'allume la télévision et j'assiste en direct, quelques minutes plus tard, comme des millions d'autres personnes, à la collision d'un autre avion avec la tour sud.

Ground Zero 17 septembre 2001 - Wikipédia
Le reste de la journée, le suivi en direct, la radio et la télévision allumées. L'angoisse devant l'horreur, les deux tours qui s'effondrent, la détresse à la vue de ces hommes et femmes couverts de poussière grise, déambulant dans les rues d'un Manhattan apocalyptique. D'autres avions détournés, d'autres victimes.

Les enfants qui rentrent de l'école dès midi car les autobus scolaires sont requis pour chercher les voyageurs bloqués à l'aéroport de Montréal. Plus aucun avion dans le ciel au-dessus des États-Unis. On ne sait pas ce qui va se passer ensuite. Des craintes de début de troisième guerre mondiale traversent les esprits.

Le premier soir et les jours suivants, ces images passées en boucle et regardées en boucle car on n'arrivait pas y croire. Ces images qui ont colonisé notre imaginaire.

Comment cet événement a-t-il marqué l'imaginaire des créateurs, c'est le sujet du livre «L'imaginaire du 11 septembre 2001», en forme d'état des lieux. On peut lire en introduction, page 9:
«Le 11 septembre 2001 pose, comme tous les événements marquants de l’Histoire, la question des possibilités et des limites de la représentation, qu'il s'agisse de l'interprétation de ses conséquences sociohistoriques ou de la compréhension de son contexte d'apparition, ainsi que des forces qui en ont façonné le déroulement. Il interroge les arts et la littérature sur leur capacité à le raconter ou à le mettre en scène.»

Pour plus d'information, vous pouvez consulter le site du Lower Manhattan Project.





3 septembre 2016

Changer de rythme, changer d'air

Déjà septembre... Changer de rythme pendant mes vacances, changer d'air, ça m'a fait du bien après une longue période d'activité sédentaire, à travailler à mon roman. J'aime écrire, mais cela s'accompagne d'un certain isolement et abandon d'autres activités. J'ai besoin de sortir au soleil aussi, me balader, visiter des musées, aller au théâtre, voyager!

Voyage au Vietnam en mai dernier (photo prise à  Hanoï)
Vivre une nouvelle expérience. Se décentrer, perdre ses repères, cela génère de nouvelles sensations, impressions et idées, cela stimule la créativité. D'où l'utilité des voyages, des résidences d'écriture ou des chalets au fond du bois pour les écrivains.

J'ai un fantasme: passer plusieurs mois à écrire dans une maison au bord de l'océan dans le Maine. Pourquoi pas la Bretagne ou la Gaspésie? Non, ma vision est plus idyllique dans le Maine... J'ai lu un reportage (il y a plus de 15 ans, mais je m'en souviens encore), sur une auteure célèbre (était-ce Patricia Highsmith ou Mary Higgins Clark?) qui habitait une maison face à l'océan, dans le Maine. De son bureau, elle voyait la plage, l'eau et l'horizon. C'est un style de paysage que j'aime beaucoup.

Vue sur l'océan depuis l'île des Monts-Déserts - septembre 2013
Des années plus tard, je suis enfin allée dans le Maine, sur l'île des Monts-Déserts. Marguerite Yourcenar y a vécu pendant une cinquantaine d'années, à Petite-Plaisance. Sa jolie maison est devenue un musée. Je me verrais bien passer mes prochaines vacances sur l'île des Monts-Déserts (quel nom inspirant pour écrire!).