28 octobre 2017

L'étape symbolique du lancement d'un livre

Certains pourraient croire qu'une fois le livre parti chez l'imprimeur, il n'y a plus qu'à se tourner les pouces! Mais après l'impression du livre, un autre type de travail commence: le travail promotionnel, afin de faire connaître cette oeuvre littéraire aux lecteurs.

Pour cela, l'éditeur et les auteurs conjuguent leurs efforts. Et dans le cas du lancement collectif d'une maison d'édition, l'éditeur joue le rôle d'un chef d'orchestre, les auteurs se préparant pour jouer leur partition (la lecture d'un extrait de leur livre).

François Lanctôt, Caroline Legouix, Hélène Simard,
Louis-Philippe Hébert, Micheline Lanctôt, Daniel Guénette

Le lancement collectif des Éditions de La Grenouillère a eu lieu à la Librairie Monet, à Montréal, le jeudi 21 septembre 2017. Ce fut une soirée festive, littéraire, musicale et rassembleuse. Un moment très fort en compagnie de collègues d'écriture, d'amis et de membres de ma famille. L'occasion de présenter officiellement mon livre aux lecteurs.


Cette belle et chaude soirée de fin d'été était animée par la chroniqueuse Aurélie Lanctôt.
L'accompagnement musical était de François Lanctôt.
Vous avez écouté des lectures d'extraits des livres publiés par les auteurs Daniel Guénette (Miron, Breton et le mythomane), Louis-Philippe Hébert et Micheline Lanctôt (Le Roi jaune) et moi-même (Dormir avec les fantômes), ainsi que par Hélène Simard, traductrice du recueil de poésie (Contradictions) de Sophie Morgan.
Madame Lanctôt a également interprété une chanson. Ses dessins originaux illustrant Le Roi jaune étaient exposés à La Librairie Monet  du 7 au 28 septembre.
Le décor et l'éclairage étaient une réalisation de La Librairie Monet.
La direction artistique et la mise en scène étaient de Louis-Philippe Hébert.

Merci à Louis-Philippe Hébert, mon éditeur, à tous les auteurs et artistes présents, merci à toutes les personnes qui sont venues nous rencontrer, merci pour votre gaieté contagieuse et la qualité de votre écoute! Je suis heureuse de faire partie d'une communauté aussi chaleureuse :-).

Pour plus de photos de la soirée, vous pouvez voir sur Facebook le beau montage de Lise Létourneau et l'album du photographe Christian Hébert.

10 septembre 2017

Jaume Plensa crée des sculptures qui incarnent l'importance de l'écriture

J'aime bien les sculptures de l'artiste catalan Jaume Plensa. Son œuvre en acier «Source» (d'une dizaine de mètres de hauteur), inaugurée à Montréal le 6 septembre, représente une forme humaine accroupie composée de 8 alphabets et de racines qui plongent dans le sol. De quoi nous rappeler l'importance du langage et de l'écriture dans le développement de l'humanité.

Photo La Presse: Ivanoh Demers (lien vers l'article ci-dessous)
Pour en savoir plus, vous pouvez lire l'article du journaliste, Mario Cloutier, paru dans la presse le 6 septembre: «Jaume Plensa: la Source du bien».

Sur le site Web de Jaume Plensa, on peut découvrir d'autres œuvres similaires et tout aussi belles et inspirantes: «Storm», à Londres (2013), «Memoria» à Hong Kong (2013) et «Spiegel I and II», à Toledo, en Ohio (2010).

20 août 2017

Mon roman «Dormir avec le fantômes» sera disponible en librairie le 5 septembre


Mon roman Dormir avec les fantômes, publié aux Éditions de La Grenouillère, sera disponible en librairie au Québec le 5 septembre.



C'était la dernière ligne droite, il y a trois jours, avec la lecture intensive des épreuves de mon roman, puis avec l'envoi de la version finale chez l'imprimeur. J'ai envie de revivre les différentes étapes de ce travail de création en vous les racontant.

La demande de bourse au CALQ en 2013
Cela fait un moment que je vis avec ce livre en moi. Officiellement, depuis l'envoi, le 10 septembre 2013, de mon dossier de candidature au Conseil des arts et des lettres du Québec, pour une bourse de la relève, volet recherche et création. En relisant le projet que j'ai envoyé au CALQ, je m'aperçois que je l'ai bien suivi, tout en le faisant évoluer en cours de route.

En accord avec le CALQ, j'ai décidé de reporter ma rédaction à l'année 2015. En effet, entre ma demande en septembre et l'obtention de la bourse en décembre, j'avais changé d'emploi... et désirais m'y investir. C'est donc début 2015 que j'ai réellement commencé à écrire (même si j'avais pris des notes en 2014). Je devais envoyer mon manuscrit au CALQ en janvier 2016.

L'écriture du roman en 2015
En 2015, j'ai travaillé à temps partiel et commencé mon roman. Tout en écrivant, je souhaitais comprendre comment je faisais et en tirer des conclusions sur comment je pourrais mieux faire. Bref, un vrai projet d'amélioration continue! C'est le volet «recherche» de la bourse. J'en ai parlé sur ce blogue, dans mes chroniques sur les processus d'écriture.

L'année 2015 a été chargée en événements tragiques. Comme beaucoup de personnes, les attentats en France en janvier et en novembre m'ont bouleversée. Je n'avais pas vraiment envie d'écrire dans les semaines suivantes. Mon travail sur mon roman me semblait superficiel par rapport à ce qui se passait. Au niveau personnel, également, il y a eu de quoi s'occuper le mental. Mais j'ai appris (compris) qu'il faut (que je veux) continuer à écrire malgré tout.

En septembre, mon roman avait un début et une fin et un milieu pas très défini. Je me sentais encore au milieu du gué. L'automne a donc été consacré à prendre des décisions, à mieux comprendre l'histoire que je voulais écrire et à approfondir mes personnages.

Marathon d'écriture en décembre 2015
En décembre, je me suis isolée dans un condo pour écrire la fin de mon roman à partir de mes nombreuses notes. Pendant un mois, tous les jours, 12 heures par jour, j'ai écrit, pris des notes et relu. Ce fut une immersion totale dans mon roman et, bien sûr, la rédaction a avancé rapidement. J'ai adoré cela! Je sais que pour mon prochain livre, il y aura à nouveau une période d'isolement pour être efficace dans la rédaction.

J'ai terminé officiellement Dormir avec les fantômes le 8 janvier 2016 et envoyé le manuscrit avec le rapport de bourse au CALQ le 11 janvier.

Envoi du manuscrit à mon éditeur en mai 2016
J'ai ensuite laissé reposer mon manuscrit pendant le printemps, tandis que je travaillais à nouveau à temps plein. Cela m'a permis de penser à autre chose. Il fallait que j'oublie un peu mon texte pour le relire à tête reposée avant de l'envoyer à mon éditeur, aux Éditions de La Grenouillère.

Sortie en librairie en septembre 2017
Mon livre est maintenant chez l'imprimeur. Il sera disponible en librairie dans deux semaines. Il va m'échapper un peu, puisque les lecteurs vont pouvoir le lire avec leur propre vision et leur propre interprétation. Et c'est bien ainsi. C'est ce que je souhaitais.

12 août 2017

Suggestions de lecture pour «Le 12 août j'achète un livre québécois»

À l'occasion de l'événement «Le 12 août, j'achète un livre québécois», voici mes suggestions de lecture parues sur le blogue de la libraire Carcajou (Rosemère et Laval). Et vous, quelles seraient vos suggestions?

Catherine Leroux, Madame Victoria, nouvelles, Alto (2015)
En s’inspirant d’un fait divers, Catherine Leroux imagine les vies possibles d’une femme dont le squelette anonyme a été découvert, en 2001, près de l’Hôpital Royal Victoria. Des vies de solitude, tristes et violentes, réalistes ou fantastiques, mais illuminées par une magnifique écriture riche et poétique.


Daniel Grenier, Malgré tout on rit à Saint-Henri, nouvelles, Le Quartanier (2012)
Les nouvelles de ce recueil racontent de petites tranches de vie, l’action n’est pas leur ingrédient principal (et ce n’est pas un reproche de ma part). J’ai été séduite par la grande qualité d’observation de Daniel Grenier. Son écriture précise, le choix des mots, la syntaxe et les images m’ont captivée.

Éric Plamondon, 1984 : Hongrie-Hollywood Express (2012), Mayonnaise (2013), Pomme S (2014), trilogie romanesque, Le Quartanier
Dans cette trilogie, le récit des vies de Johnny Weissmuller, Richard Brautigan et Steve Jobs servent au narrateur, Gabriel Rivages, de fil conducteur pour écrire un journal. Sous l’accumulation de détails encyclopédiques, nous découvrons des éléments de sa vie personnelle. J’ai aimé l’histoire éclatée, les courts chapitres et la sensibilité qui se dégagent des commentaires de Rivages sur ces trois destinées hors du commun.

29 juillet 2017

L'exposition Hergé à Québec me donne envie de relire mes classiques

Je suis allée voir l'exposition Hergé au Musée de la civilisation de Québec, accompagnée de mon tintinophile préféré. J'avais lu les albums de Tintin quand j'étais enfant, mais je les ai vraiment redécouverts en les lisant à mes enfants. L'exposition m'a replongée dans ces agréables souvenirs de lecture, mais elle m'a surtout intéressée car le processus de création de Hergé et de ses collaborateurs était très bien expliqué grâce à de magnifiques archives.

Catalogue de l'exposition Hergé

J'ai aimé, également, les remarques et regards intéressés des visiteurs de l'exposition. Je me souviens notamment de la réflexion d'un adolescent à son copain: «Ils dessinaient tout au crayon...»

Mes classiques en BD: Astérix, Gaston et Caroline et ses amis
J'apprécie les histoires de Tintin, mais sans être une fanatique. Je préfère l'univers d'Astérix le Gaulois, de René Goscinny (aussi père du Petit Nicolas) et Albert Uderzo, et celui de Gaston Lagaffe, créé par Franquin.
Et avant Astérix et Gaston, ce sont les albums de Caroline et ses amis, de Pierre Probst, que j'ai beaucoup lus et relus. Imaginez! Une petite fille de mon âge, portant le même prénom et vivant des aventures avec ses amis animaux, dans lesquelles la découverte d'environnements nouveaux, l'amitié et la solidarité étaient à l'honneur. J'ai vu que les albums ont été un peu rajeunis, mais je resterai toujours attachée aux éditions originales des années 60.

31 mai 2017

Écrire: le coût de renonciation

Ce matin dans La Presse+, Pierre-Yves McSween livre une analyse sur la réalité économique de l'écriture. Sa chronique «Vivre de sa plume au Québec, une réalité pratiquement impossible», publiée dans la section Affaires du journal, parle du coût de renonciation des écrivains. Le coût de renonciation (ou le coût de renoncement, cf. l'article de Wikipédia) est un terme économique qui «désigne la perte des biens auxquels on renonce quand on fait un choix».

L'auteur investit son temps
Écrire n'est pas mon activité principale, mais je lui réserve une place importante dans ma vie (et mon emploi du temps). Pour écrire, j'ai souvent réduit mes heures de travail et donc mon revenu, ou plutôt le revenu familial... ce qui implique une solidarité familiale face à cette activité artistique «à l'espérance mathématique bien mince, voire négative», pour reprendre un terme de Pierre-Yves McSween.

Je n'ai pas l'ambition de vivre financièrement de ma plume. Est-ce un sens de la réalité bien développé ou devrais-je rêver de faire partie de la liste des écrivains les plus riches du monde, selon un article du Journal Forbes «The World's Highest-Paid Authors 2016»? ;-)

«Lorsqu'il choisit d'écrire un livre, L'auteur investit non pas son argent, mais son temps. La nature du temps qu'il accorde à l'écriture est son choix», écrit Pierre-Yves McSween.

Le choix que je fais d'écrire implique donc un coût de renonciation économique, mais si l'article de McSween était publié dans la section Arts, son angle aurait peut-être été le coût de renonciation de ne pas écrire! C'est-à-dire de ne pas s'exprimer artistiquement, de ne pas éprouver le plaisir (et les affres) de la création, de ne pas développer certaines compétences, etc., etc.

Mettre du beurre sur la table
McSween explique très bien la réalité économique du marché du livre, la répartition des coûts et des gains entre l'auteur, l'éditeur et le détaillant. Il termine son analyse ainsi: «Pourquoi écrit-on un livre alors? Pour une série de considérations personnelles qui ne mettront pas nécessairement du beurre sur la table.»

Je suis bien d'accord, ce qui ne m'empêche pas de souhaiter que plus d'auteurs puissent vivre de leur plume, que les éditeurs fassent des profits, que les libraires vendent des livres et que les lecteurs continuent de lire et d'investir dans ce loisir en achetant des livres :-).

Cette semaine, le livre en tête des ventes selon le site Les libraires est «Quand sort la recluse», de Fred Varga, publié chez Flammarion. Fred Varga est écrivaine et archéologue. Je suis certaine que son écriture a une espérance mathématique très positive!

22 mai 2017

Un air de vacances à Québec, lors du Salon international du livre

En avril dernier, j'ai participé au Salon international du livre de Québec, sur le stand des Éditions de la Grenouillère. J'ai eu le sentiment de prendre des mini-vacances en venant passer deux jours à Québec. J'ai assisté à une excellente soirée avec des poètes et des musiciens: Québec la muse: Jazz et poésie, organisée par Gaston Bellemare en collaboration avec le Festival international de la poésie de Trois-Rivières. Toute la salle était sous le charme des textes et de la musique.

Salon du livre de Québec (2017), photo par Lise Létourneau



En arrivant à l'espace Dimedia le samedi 8 avril, je suis passée devant le stand des Éditions Pleine Lune, où Caroline Vu était en séance de signature. J'avais acheté son roman, «Un été à Provincetown», au Salon du livre de Montréal et elle me l'avait dédicacé. Caroline Vu m'a remerciée pour ma chronique sur son livre, parue sur ce blogue en janvier dernier. Cela m'a fait très plaisir.

Je suis revenue à Montréal avec des livres qui étaient sur ma liste de lecture depuis quelques temps: de la poésie, avec «Ne calme pas les dragons», de Jean-Marc Desgent (La Grenouillère), des romans de chez Alto, avec «Au péril de la mer», de Dominique Fortier, «Madame Victoria», de Catherine Leroux et «L'orangeraie», de Larry Tremblay, un recueil de nouvelles et une pièce de théâtre parus chez L'instant même: respectivement «Avant d'éteindre», de Sylvie Massicotte, et «Norge», de Kevin McCoy (j'ai vu sa pièce à l'Espace Go en novembre).

De quoi m'occuper dans l'autocar! Même le trajet faisait partie du plaisir du voyage. J'aime beaucoup lire et écrire dans les transports en commun, et aussi rêver en regardant le paysage. D'ailleurs, un de mes projets serait de traverser le Canada en train panoramique et d'écrire une ou plusieurs nouvelles pendant le trajet!

1 avril 2017

«Tout a été dit, mais pas par moi», Gilles Vigneault

Ma 99e chronique et 10 brouillons à finir
En reprenant mon blogue (après une interruption nécessaire due à un déménagement), j'ai pris le temps d'observer les statistiques que me fournit Blogger. Cette chronique est la 99e depuis novembre 2012.

J'ai également une dizaine de brouillons à terminer. Par exemple, un article sur le roman «Americanah» de Chimamandah Ngozie Adichie (mon coup de cœur de l'été dernier), ou une réflexion sur les journaux d'écrivains que j'ai eue après avoir lu «Journal de l'année du désastre», de Kressman Taylor, ou encore le fait que lire des romans développe l'empathie (il y a des recherches sur ce sujet), ou un compte-rendu de la pièce «Norge», écrite et interprétée par Kevin McKoye au théâtre Espace Go en 2016. Autant de sujets littéraires qui m’intéressent et que je souhaiterais développer en écrivant, car écrire aide à l'introspection et à la réflexion, et j'aime ça.

Ainsi, en octobre 2015, vous n'avez pas eu mes commentaires sur la citation de Gilles Vigneault: «Tout a été dit, mais pas par moi». J'avais commencé à y réfléchir à un moment où j'étais en période de doutes à propos de l'écriture de mon roman. Aujourd'hui, cette phrase accompagne ma réflexion sur la pertinence d'écrire un blogue, alors qu'il y en a tant d'autres sur la littérature. Si je veux persévérer, il faudrait peut-être écrire ces mots en grand sur un mur de mon bureau?

Femme écrivant, par Picasso, 1934 (source WikiArt)
«Écrire ou pas», de Johanne Tremblay
Mais une autre question me vient ensuite: écrire un blogue ou écrire un livre? Je ne suis pas seule à me sentir tiraillée entre ces deux activités. Mon amie et collègue d'écriture Johanne Tremblay en a parlé sur son blogue Johanne Tremblay et moi, le 18 mars dernier, dans sa chronique «Écrire ou pas» et je me reconnais dans ce qu'elle écrit: «Voilà trois mois que mon manuscrit, à peine visible sous une pile de dossiers, attend. Le sentiment que j’associe le plus souvent à l’écriture, depuis que je tiens un blogue, est celui de la culpabilité. Il s’invite à ma table dès le septième jour suivant la mise en ligne du dernier billet. Il n’en décolle pas avant que j’aie pondu quelque chose. C’est presque un protocole: écriture, mise en ligne, satisfaction personnelle, retour à l’ordinaire, culpabilité, culpabilité, culpabilité, écriture.»

L'écriture durable
Bon, alors, écrire ou pas? Écrire quoi et pourquoi?

Sacrifier aux normes de l'époque et à la nécessité d'une présence sur le Web, écrire des textes qui seront vite oubliés, car c'est la caractéristique de la lecture sur Internet, mais en même temps avoir la satisfaction de publier et d'être lue...

Ou bien me retirer dans mon antre d'écriture pour écrire à un rythme plus lent en ayant le sentiment de bâtir un objet littéraire plus durable... L'écriture durable, finalement, n'est-ce pas la réponse à ma question? Pourquoi j'écris? Entre autres, parce que l'écriture est un ancrage dans le temps et les livres que j'aurais écrits me survivront. (Et parmi les autres raisons d'écrire, chez moi, il y a le plaisir créatif, celui du maniement de la langue et celui de communiquer avec les lecteurs par le biais d'une histoire ou d'une chronique sur un blogue...)

Trois pages par jour
Dimanche dernier, après la lecture d'un article de Buster Benson (Ah! j'aimerais bien écrire une chronique à son sujet!), j'ai commencé un nouveau rythme d'écriture en suivant un de ses conseils (il n'est pas le seul à le donner): écrire trois pages par jour, d'une écriture suivie, sans s'arrêter. Pour l'instant, je l'ai fait un jour sur deux, mais l'habitude va venir. Cela ressemble à tenir un journal, mais le fait de se dire «J'écris trois pages» (pas moins, pas plus) est une contrainte utile et plus efficace pour moi que de me dire «J'écris un journal».

J'ai pas mal d'autres choses qui me viennent en tête aujourd'hui (des choses qui ont peut-être déjà été dites, mais pas par moi), mais je vais en garder un peu pour mes trois pages quotidiennes. Alors à bientôt, pour la 100e chronique!

29 janvier 2017

1984, de George Orwell, et la novlangue politique

Le célèbre roman de George Orwell, «1984», une dystopie publiée en 1949, est en tête des ventes aux États-Unis depuis quelques jours, et c'est rassurant.

C'est rassurant, car cela démontre le besoin de nombreuses personnes de résister à la novlangue (Newspeak) et à la double-pensée (Doublethink) de Donald Trump et aux «faits alternatifs» défendus par son équipe présidentielle.

Comme beaucoup, depuis une semaine, je me pince en lisant les propos de Trump! Alors j'essaie de comprendre ce phénomène politique en lisant des articles de fond dans les médias sérieux, c'est-à-dire écrits par des personnes menant une réflexion rigoureuse basée sur des faits.

Ces médias doivent être soutenus, car ils représentent un contre-pouvoir essentiel pour la démocratie. Nous avons l'habitude d'avoir beaucoup d'informations gratuites sur Internet, mais soutenir les grands médias crédibles en s'abonnant me semble une manière de s'assurer que Twitter ne devienne pas notre seule source d'information. En 140 caractères, il y a peu de place pour le développement de la réflexion.

Je vous suggère la lecture de trois articles intéressants comparant «1984» avec ce qui se passe aujourd'hui aux États-Unis:

Sur le site de France Culture, on peut lire: «Dans "1984", la "novlangue" a pour but ultime l'appauvrissement de la langue: ce procédé a pour ambition d'empêcher tout un chacun de critiquer le système totalitaire d'Océania (le "pays" où se déroule l'intrigue), selon l'idée qu'il est difficile de concevoir quelque chose si on ne peut l'exprimer.»

«Of course we have to keep our heads (especially we have to keep our heads). The lies about the crowd size at Donald Trump's inauguration (...) were not earth-shattering. But any lie from this podium is deeply unsettling», écrit Jean Seaton dans un article paru dans The Guardian.

«D’une manière générale, souligne Violaine Morin dans Le Monde, les périodes de crise ou de désarroi collectif se traduisent souvent dans les ventes de livres, objets perçus comme une «valeur refuge.» 

21 janvier 2017

Un été à Provincetown, par Caroline Vu

J'ai lu «Un été à Provincetown» (Pleine Lune), écrit par Caroline Vu, une écrivaine montréalaise née au Vietnam. Elle était en séance de signature en même temps que moi, sur un stand voisin, au Salon du livre de Montréal en novembre dernier. Son roman raconte l’histoire «d'une famille nord-vietnamienne ballottée par les caprices de l'histoire».


Mes envies de lecture suivent le style de mes expériences et s'adaptent à l'air que je respire. L'an dernier, mon voyage au Vietnam m'a amenée à lire sur ce pays. Tout d'abord, des guides touristiques, car j'avoue que mes connaissances géographiques étaient superficielles et n'allaient pas beaucoup plus loin que quelques repères comme Hanoï, Saïgon (Hô-Chi-Minh-Ville), le delta du Mekong et la Rivière des parfums. J'avais surtout dans mon esprit les images d'une guerre horrible, provenant des actualités dans les années 70 et de films comme Apocalypse Now et Voyage au bout de l'enfer. Mes vacances au Vietnam furent une excellente occasion de mettre à jour mes informations sur ce pays en fort développement économique et de découvrir sa culture moderne, tout en comprenant mieux son histoire.

Un été à Provincetown
Caroline Vu a écrit ce livre pour raconter l'histoire de sa famille à ses filles. Voici ce qu'elle dit dans les dernières pages:
«Elles [les identités] se trouvent dans les mots transmis d'une génération à une autre. Les récits familiaux, tout à la fois dérangeants et fascinants, hurlent pour se faire entendre... Cette histoire d'un pays dont tout le monde parlait naguère, mais qu'on oublie aujourd'hui, mérite d'être racontée.» (p.178)

J'ai aimé ce récit tragique (l'écrivaine parle de la malchance de la famille) raconté avec sincérité. Caroline Vu brosse un portrait sans fioritures de sa grand-mère, de ses parents, ainsi que des Vietnamiens et des Français. J'ai apprécié entendre le point de vue d'une auteure vietnamienne sur la colonisation française en Indochine et sur la guerre entre le Nord et le Sud du Vietnam.

«Un été à Provincetown est une excellente occasion de réviser l'épisode de la guerre au Vietnam, d'une façon qui n'est pas filtrée par le pouvoir occidental. C'est aussi une occasion de comprendre le déchirement intergénérationnel qui se transmet de parent à enfant, quand la guerre a fait des ravages dans le passé et que l'exil est obligatoire», écrit Roxane Nadeau dans l'article L'ineffaçable exil, paru le 15 janvier dans le webzine La Recrue du mois.

1 janvier 2017

La La Land (Pour l'amour d'Hollywood)

Bien commencer l'année 2017
Il y a trois jours, la revue les Libraires publiait sur sa page Facebook le message suivant (en précisant qu'il fallait bien s'amuser un peu...):

«Ouvrez votre livre à la page 50.
La première page que vous y lirez résumera votre année 2017!»

Bon, si vous avez lu ma chronique d'hier («La Trilogie du siècle», par Ken Follett), vous savez qu'en ce moment je lis «La chute des géants», un roman se déroulant pendant la Première Guerre mondiale (c'est pas bien gai, il faut le reconnaître) et j'ai hésité à regarder quelle serait cette première phrase de la page 50. J'aime bien les jeux littéraires et j'étais curieuse (et non superstitieuse). Un peu comme lorsqu'on découvre les maximes écrites sur les petits papiers au milieu des biscuits chinois (fortune cookies)!

Voici donc la fameuse première phrase de la page 50 de «La chute des géants» en livre de poche:
«Mais la fortune familiale avait été dilapidée par le père de Bea, un ivrogne, et par son frère, Andreï, un homme mou qui vendait le bois sans jamais replanter les forêts
Je me suis gratté la tête, et puis j'ai pensé que si je devais interpréter cette phrase dans le contexte de l'année 2017, je pourrais comprendre qu'il ne faut compter que sur soi-même et qu'il faut militer contre la déforestation (peut-être devrais-je  m'impliquer dans une association comme Green Peace?).

Pour mieux cerner ce que me réserve l'année 2017, j'ai regardé dans un autre livre en cours. J'ai donc ouvert à la page 50 le roman «Un été à Provincetown», de Caroline Vu. C'est la dernière page d'un chapitre et elle est blanche. J'ai décidé que c'était assurément le signe positif que tout est possible pour moi en 2017! ;-)

Trêve de plaisanterie, pour bien commencer l'année, aujourd'hui, je suis allée voir le film «La La Land» (j'adore les comédies musicales). C'est léger, gai, sympathique, beau, bien joué et truffé de références cinématographiques, comme le souligne Le Devoir. Cela m'a changé un peu de la lecture de «La trilogie du siècle», dont le climat est plutôt lourd.

La La Land (Pour l'amour d'Hollywood)
«La La Land» est un film musical réalisé par Damien Chazelle. C'est son second film après l'excellent «Whiplash» (2014), que j'ai beaucoup aimé et dont le sujet touche également la musique (l'entraînement intensif d'un jeune batteur de jazz).


Je vous le confirme, «La La Land» est une comédie romantique très agréable pour commencer l'année. Cependant, les critiques étant dithyrambiques («Un triomphe absolu» peut-on lire dans un article de Première, ou encore «de la magie à l'état pur», dans un article de La Presse), je craignais d'être déçue en ayant des attentes trop élevées. Et c'est un peu ce qui m'est arrivé.

C'est l'histoire de deux artistes débutants (une actrice, jouée par Emma Stone et un pianiste de jazz, joué par Ryan Gosling) qui se rencontrent à l'aube de leur carrière artistique. La scène d'ouverture sous le soleil de la Californie est très entraînante et tonique. La bonne musique de jazz  du pianiste, les costumes très colorés, les décors de carton-pâte (à l'occasion) et certaines scènes oniriques donnent une ambiance très «comédie musicale» à un film qui, finalement, ne force pas la note sur le nombre de scènes chantées et dansées.

Je suis sortie du cinéma le sourire aux lèvres (comme après certains films de Woody Allen) et je ne regrette pas d'avoir vu «La La Land». Mais je crois que je n'en garderai pas un souvenir impérissable, à la différence du souvenir très fort que j'ai de «Whiplash». J'attends avec intérêt le prochain film de Damien Chazelle.