31 mai 2017

Écrire: le coût de renonciation

Ce matin dans La Presse+, Pierre-Yves McSween livre une analyse sur la réalité économique de l'écriture. Sa chronique «Vivre de sa plume au Québec, une réalité pratiquement impossible», publiée dans la section Affaires du journal, parle du coût de renonciation des écrivains. Le coût de renonciation (ou le coût de renoncement, cf. l'article de Wikipédia) est un terme économique qui «désigne la perte des biens auxquels on renonce quand on fait un choix».

L'auteur investit son temps
Écrire n'est pas mon activité principale, mais je lui réserve une place importante dans ma vie (et mon emploi du temps). Pour écrire, j'ai souvent réduit mes heures de travail et donc mon revenu, ou plutôt le revenu familial... ce qui implique une solidarité familiale face à cette activité artistique «à l'espérance mathématique bien mince, voire négative», pour reprendre un terme de Pierre-Yves McSween.

Je n'ai pas l'ambition de vivre financièrement de ma plume. Est-ce un sens de la réalité bien développé ou devrais-je rêver de faire partie de la liste des écrivains les plus riches du monde, selon un article du Journal Forbes «The World's Highest-Paid Authors 2016»? ;-)

«Lorsqu'il choisit d'écrire un livre, L'auteur investit non pas son argent, mais son temps. La nature du temps qu'il accorde à l'écriture est son choix», écrit Pierre-Yves McSween.

Le choix que je fais d'écrire implique donc un coût de renonciation économique, mais si l'article de McSween était publié dans la section Arts, son angle aurait peut-être été le coût de renonciation de ne pas écrire! C'est-à-dire de ne pas s'exprimer artistiquement, de ne pas éprouver le plaisir (et les affres) de la création, de ne pas développer certaines compétences, etc., etc.

Mettre du beurre sur la table
McSween explique très bien la réalité économique du marché du livre, la répartition des coûts et des gains entre l'auteur, l'éditeur et le détaillant. Il termine son analyse ainsi: «Pourquoi écrit-on un livre alors? Pour une série de considérations personnelles qui ne mettront pas nécessairement du beurre sur la table.»

Je suis bien d'accord, ce qui ne m'empêche pas de souhaiter que plus d'auteurs puissent vivre de leur plume, que les éditeurs fassent des profits, que les libraires vendent des livres et que les lecteurs continuent de lire et d'investir dans ce loisir en achetant des livres :-).

Cette semaine, le livre en tête des ventes selon le site Les libraires est «Quand sort la recluse», de Fred Varga, publié chez Flammarion. Fred Varga est écrivaine et archéologue. Je suis certaine que son écriture a une espérance mathématique très positive!

22 mai 2017

Un air de vacances à Québec, lors du Salon international du livre

En avril dernier, j'ai participé au Salon international du livre de Québec, sur le stand des Éditions de la Grenouillère. J'ai eu le sentiment de prendre des mini-vacances en venant passer deux jours à Québec. J'ai assisté à une excellente soirée avec des poètes et des musiciens: Québec la muse: Jazz et poésie, organisée par Gaston Bellemare en collaboration avec le Festival international de la poésie de Trois-Rivières. Toute la salle était sous le charme des textes et de la musique.

Salon du livre de Québec (2017), photo par Lise Létourneau



En arrivant à l'espace Dimedia le samedi 8 avril, je suis passée devant le stand des Éditions Pleine Lune, où Caroline Vu était en séance de signature. J'avais acheté son roman, «Un été à Provincetown», au Salon du livre de Montréal et elle me l'avait dédicacé. Caroline Vu m'a remerciée pour ma chronique sur son livre, parue sur ce blogue en janvier dernier. Cela m'a fait très plaisir.

Je suis revenue à Montréal avec des livres qui étaient sur ma liste de lecture depuis quelques temps: de la poésie, avec «Ne calme pas les dragons», de Jean-Marc Desgent (La Grenouillère), des romans de chez Alto, avec «Au péril de la mer», de Dominique Fortier, «Madame Victoria», de Catherine Leroux et «L'orangeraie», de Larry Tremblay, un recueil de nouvelles et une pièce de théâtre parus chez L'instant même: respectivement «Avant d'éteindre», de Sylvie Massicotte, et «Norge», de Kevin McCoy (j'ai vu sa pièce à l'Espace Go en novembre).

De quoi m'occuper dans l'autocar! Même le trajet faisait partie du plaisir du voyage. J'aime beaucoup lire et écrire dans les transports en commun, et aussi rêver en regardant le paysage. D'ailleurs, un de mes projets serait de traverser le Canada en train panoramique et d'écrire une ou plusieurs nouvelles pendant le trajet!