12 décembre 2017

Des lectures pour les jours de tempête de neige

Aujourd'hui, c'est jour de tempête, la première de cet hiver. J'ai déménagé il y a quelques mois et mon nouveau bureau est maintenant face à une fenêtre, dans l'embrasure de la fenêtre, à l'étage. J'ai une belle vue sur trois-quatre érables aux branches dénudées s'agitant dans le vent. La noria rythmée des chasse-neige est une musique rassurante. Nous pourrons sortir de chez nous demain.


Ce n'est pas le cas de Matthias, le personnage principal du livre «Le poids de la neige», de Christian Guay-Poliquin, qui devra attendre un peu longtemps avant de sortir de la maison où il se retrouve coincé (sans Internet).

«Malgré cette matière plutôt contemplative, Christian Guay-Poliquin parvient à nous offrir un récit sombre et hypnotisant. Une histoire attentive à la beauté dramatique et froide du paysage, aux liens sociaux qui se disloquent, au désarroi et à la violence endormie, étouffée par l’hiver mais prête à renaître dès les premiers signes de dégel. Un hymne nordique et l’un des romans les plus forts de cette rentrée». écrivait en 2016 dans le Devoir le critique littéraire Christian Desmeules dans son article «Christian Guay-Poliquin, l'hiver de force».

J'ai bien aimé ce récit de huis-clos dont le style d'écriture nous fait ressentir à la fois le poids de la neige qui s'accumule dans le paysage et le poids des pensées d'un Matthias désespéré et souffrant. Cependant, je n'ai pas été captivée par l'histoire, comme si je restais à une certaine distance des personnages.

Sans doute parce que je lisais en parallèle «La Couleur des sentiments», un roman de Kathryn Stockett, dans lequel il fait chaud, les émotions sont à fleur de peau et où l'action est plus rapide. Je crois que c'est le style de lecture dont j'avais besoin ces derniers temps.

Dans un roman, la tempête peut être la métaphore du désordre intérieur des personnes. C'est aussi une situation extrême qui donne à l'auteur l'occasion d'amener ses personnages à révéler certains aspects de leur personnalité ou encore de les pousser à chercher un refuge. Le choix de la tempête comme décor n'est pas gratuit.

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«Le poids de la neige», Christian Guay-Poliquin, (La Peuplade, 2016)
«La couleur des sentiments», Kathryn Stockett (Actes Sud, 2010), paru en anglais sous le titre de «The Help» (Amy Einhorn Books, 2009).